Vers la fin de la castration des cochons

Vers la fin de la castration des cochons

L'Union européenne,sous la pression des associations pour le bien-être des animaux, a signé une déclaration pour tenter de parvenir à l'arrêt de la castration en 2018 et cherche des solutions efficaces pour détecter l'odeur du verrat.

Au Royaume-Uni, la castration n'a plus court depuis 30 ans

La plupart des pays européens envisagent l'arrêt de la castration avant 2018, à l'instar des Pays-Bas, qui tablent sur 2015. Actuellement, 40% des porcs n'y sont plus castrés et les autres sont castrés sous anesthésie.

Au Royaume-Uni,  la castration n'a plus court depuis 30 ans à de rares exceptions près (2%) mais le choix s'est porté sur l'abattage de porcs plus jeunes pour éviter les risques d'odeurs désagréables présentes parfois sur les porcs entiers adultes.

En Espagne, la production de mâles entiers représente 60% à 65% de la production totale de porcs, et même 70% en Catalogne. Au Portugal et en Grèce, seulement 10% des porcs sont castrés, selon des études réalisées par l'INRA et l'Institut français du porc (IFIP).

Ces dernières années, les pays du nord de l'Europe ont pris en compte le bien-être animal avec une réponse médicamenteuse à la douleur de la castration, comme en Norvège, au Danemark ou encore en Allemagne, où 10% des éleveurs ont arrêté la castration.

La Belgique utilise la vaccination (immunocastration) et produit aussi des mâles entiers tout comme la Suisse, qui utilise le vaccin ou pratique l'anesthésie du porcelet.

La castration chirurgicale à vif du cochon est une technique qui date de l'après-guerre, lors du lancement des élevages intensifs. Une époque où "la notion de bien-être animal ne venait à l'esprit de personne", relève Michel Bonneau, ingénieur à l'Institut du porc (Ifip). Le porc castré est plus gras, moins agressif et surtout la castration évite les odeurs de verrat, un problème majeur. Des effluves d'urine, de transpiration ou d'excréments, concentrées dans le gras, peuvent se retrouver sur 5 à 20% des carcasses de porcs non castrés dans des proportions aléatoires en fonction de différents paramètres (âge, mode d'élevage, alimentation, race...), selon les ingénieurs de l'Ifip. Ces odeurs ne sont pas perçues de la même façon selon les individus: en France, 50% de la population y est sensible.

VPF : Obligation de donner un anti-douleur aux porcelets

L'Ifip a organisé jeudi une réunion à Ploufragan (Côtes-d'Armor) avec tous les acteurs de la filière jusqu'aux associations de défense du bien-être des animaux pour faire le point sur cette question. "C'est la première fois que publiquement en France on fait un point d'étape", se réjouit Aurélia Warin-Ramette, chargée de campagne à la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF). En attendant 2018, le label VPF (97% de la production porcine française) a déjà pris depuis 2012 une mesure intégrée dans son cahier des charges : l'obligation de donner au porcelet castré un anti-douleur après la castration. Certains pays européens pratiquent une anesthésie locale, d'autres générale, ou utilisent un vaccin développé par le laboratoire Pfizer, qui castre chimiquement le porcelet.

Castration chimique

Selon Jacques Crolay, directeur du comité régional porcin (CRP) de Bretagne, la production porcine bretonne et française a plutôt une position de prudence par rapport à la castration chimique. "La solution la plus souvent envisagée est d'abandonner purement et simplement la castration", affirme Michel Bonneau (Ifip). Le leader de la filière porcine, le groupe breton Cooperl, a annoncé début septembre qu'il allait s'inscrire dans une démarche "bien-être" en arrêtant la castration. La commercialisation de viande de cochons entiers est prévue dès mars 2013. Une viande qui, selon l’Ifip, serait moins grasse (21% de gras contre 31% pour un cochon castré).

Mais l’arrêt de la castration pose d’autres  problèmes : le verrat est plus agressif et il faut réussir à détecter les porcs odorants à l'abattoir sans que cette viande n'aille jusqu'au consommateur. La filière travaille à limiter le nombre de porcs entiers porteurs d'odeurs sexuées, en adaptant l'alimentation, le mode d'élevage ou par la sélection des races. D'ici à 2018, "il faut une méthode de référence européenne", souligne Laurence Bonafos de la direction générale santé et protection des consommateurs de l'Union européenne qui organise une conférence le 17 décembre sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs.

Source avec AFP

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