[Vidéos] Porc : les éléments déclencheurs de la crise

[Vidéos] Porc : les éléments déclencheurs de la crise

La cotation au marché du porc breton (MPB), suspendue depuis le 10 août, a repris mardi, mais sans les acheteurs Cooperl et Bigard.

La crise de la filière porcine s'inscrit dans une crise plus large de l'élevage français, les prix payés aux éleveurs étant trop bas selon eux pour leur permettre de vivre.   

Février 2014: La Russie décrète un embargo sanitaire sur la viande de porc européenne. Davantage de porc se retrouve sur le marché européen, faisant  baisser les prix. L'embargo global sur l'agroalimentaire européen, décidé en août suite à la crise ukrainienne, vient aggraver le phénomène. A cela s'ajoutent une baisse de la consommation et la concurrence des élevages allemands et espagnols, accusés de "dumping social" par leurs collègues français.

 

   12 juin 2015: Les fortes promotions sur la viande de porc fraîche dans les supermarchés sont désormais limitées à deux mois par an. Sous l'égide du gouvernement, les professionnels de la filière (abattoirs, industriels et distributeurs) s'engagent à augmenter le prix payé aux éleveurs pour la viande de porc à environ 1,40 euro le kilo. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, annonce la mise en place d'ici octobre d'un "pacte porcin" et des allègements de charges supplémentaires.   

17 juillet: M. Le Foll indique que 22 à 25.000 exploitations d'élevage (toutes productions confondues), soit 10% du total, sont "au bord du dépôt de bilan". Entre le 18 et le 24 juillet, d'abord dans l'ouest puis dans d'autres régions, les éleveurs en colère bloquent les routes et l'accès à certaines villes (Caen, Lyon) ou à des lieux touristiques comme le Mont-Saint-Michel. Parmi eux, des producteurs de viande bovine, de lait et de porc.

22 juillet: Manuel Valls et Stéphane Le Foll annoncent un plan d'urgence de 600 millions d'euros pour l'élevage (bovin, porcin et laitier), principalement sous forme d'allègements de charges, ainsi que des mesures pour restructurer les dettes des éleveurs. Fin juillet, le prix du porc au marché breton au cadran de Plérin, où s'établit le prix de référence national, atteint l'objectif de revalorisation à 1,40 euro du kilo.

 

10 août: Deux acteurs majeurs de l'industrie du porc, la Cooperl et Bigard/Socopa, décident subitement de boycotter la séance à Plérin. Ils jugent le prix revalorisé trop élevé pour faire face à la concurrence européenne. Aucune cotation n'a lieu, une situation rarissime.

 

15 août: La Cooperl, qui refuse depuis le 10 août d'acheter au marché du porc breton au prix fixé comme objectif par le gouvernement, réclame un retour au "marché libre" et des mesures d'urgence.

 

17 août: Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, souhaite que Stéphane Le Foll s'engage à intervenir auprès de l'Union européenne afin de trouver des solutions. Une table ronde réunit des représentants des éleveurs et du MPB. Stéphane Le Foll souligne la volonté commune au sein de la filière porcine de "trouver des solutions", même si "les discussions n'ont pas toutes abouti".

 

18 août: Reprise de la cotation au marché du porc breton, mais sans les acheteurs Cooperl et Bigard dont le refus de payer le prix préconisé de 1,40 euro le kilo avait déclenché la crise.

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