À chacun sa technique de compostage du fumier

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Avril 2012

À chacun sa technique de compostage du fumier
Le compostage du fumier de volailles est la voie privilégiée pour s’affranchir d’un plan d’épandage. Crédit photo : A. Puybasset

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À chacun sa technique de compostage du fumier

Voir dossier de Réussir Aviculture d'avril 2012. R. Aviculture n°175, p. 8 à 19.

Avec l’évolution de la réglementation environnementale et notamment la mise en place des nouvelles normes phosphore, basées sur l’équilibre de la fertilisation, les éleveurs de volailles de chair font de plus en plus face à un manque de surface d’épandage. Peu de solutions s’offrent à eux pour se mettre en conformité.
Les fumiers bruts étant considérés comme des déchets par la réglementation, ils sont soumis aux plans d’épandage et ne peuvent pas être exportés sans être transformés. Les effluents avicoles peuvent être utilisés comme substrat pour fabriquer du méthane, mais les unités de méthanisation sont encore peu nombreuses car elles nécessitent des investissements élevés. Le compostage est la voie privilégiée pour traiter le fumier de volailles. Le modèle dominant est le compostage à la ferme avec des volumes annuels allant de 100 tonnes à 1 ou 2 milliers de tonnes de compost. Le produit est repris par une filière organisée ou vendu en direct par l’éleveur. Le développement des unités de compostage collectif, à l’initiative des organisations de production, a été vite freiné par les coûts d’exploitation et la faible rentabilité. Il est difficile de connaître précisément le nombre d’élevages compostant à la ferme et encore moins quelle est la technique utilisée. Selon l’enquête Aviculture de 2008, près d’un millier d’exploitations de volailles de chair traitaient en partie ou totalement leur fumier par compostage, soit 8 %. D’après nos estimations, ce chiffre atteindrait aujourd’hui 10 à 15 % des exploitations de chair dans les régions Bretagne et Pays de la Loire.
Le compostage est un processus de transformation de la matière organique. Il s’accompagne d’un dégagement de chaleur, d’eau et d’une perte de poids et rend les éléments fertilisants plus disponibles pour les plantes. Il permet de stabiliser et d’hygiéniser le fumier. La température du substrat doit atteindre au moins 50 °C pendant six semaines ou 55 °C pendant 15 jours. Dès lors qu’il est conforme aux normes d’amendement organique NFU-44051 ou d’engrais organique NFU-42-001, le fumier composté peut être exporté.

Deux techniques reconnues à ce jour

Seules deux techniques de compostage sont aujourd’hui reconnues par l’administration : le compostage par retournement et le compostage par air pulsé. Le principe est d’introduire de l’oxygène dans l’andain pour accélérer le processus de fermentations aérobies de la matière organique.
Une troisième technique se développe depuis quelques années. Mais elle n’est pas encore homologuée et fait l’objet d’autorisations au cas par cas. Il s’agit du compostage par inoculum biologique, qui consiste à ensemencer le fumier avec des complexes bactériens ou fongiques sans qu’il soit nécessaire d’aérer l’andain. « S’il était reconnu, ce système permettrait à un jeune de s’installer avec moins de contraintes liées aux terres, sans investir immédiatement dans une solution de compostage », souligne Gaëlle Dennery, de la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire.
Le choix du mode de compostage dépend de multiples facteurs comme la capacité de financement, la taille de l’exploitation (économies d’échelle), l’espèce dinde ou poulet, le matériel et les infrastructures disponibles, les frais de fonctionnement mais également la disponibilité en main-d’œuvre. La méthode par retournement est la plus courante et semble la plus économe pour répondre à des volumes de compostage modérés. D’autres sont parfois « préférées » par l’administration, comme le procédé Valid par aération forcée du fait de sa traçabilité (automatisation du process et de l’enregistrement des températures).
Comme le montrent les témoignages qui suivent, chaque technique a ses avantages et ses inconvénients. L’important est que chacun y trouve son compte. La rentabilité d’un système n’est pas uniquement comptable. « Le choix d’investir dans une station de compostage ne répond pas systématiquement à une problématique environnementale, relève Jean-Philippe Lavigne, d’Ocène. Avec la spécialisation et l’augmentation de la taille des exploitations, les éleveurs cherchent à gagner du temps avec des systèmes plus automatisés. »

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