Amélie Legrand, CIWF France : Sensibiliser l'agroalimentaire au bien-être des poules »

Propos recueillis par Pascal Le Douarin

L'ONG internationale Compassion in World Farming défend le bien-être animal en élevage. Elle a décidé de mener une campagne européenne de sensibilisation, notamment en France.

Qui est CIWF, Compassion in World Farming ?

Notre organisation non gouvernementale est uniquement dédiée au bien-être des animaux de ferme. CIWF a été créée en 1967 par un éleveur laitier puis s'est développée à l'international. C'est la principale ONG internationale dans ce domaine. Elle emploie 55 permanents. Nous avons des représentants dans tous les États européens et des contacts sur les autres continents avec d'autres ONG. Au plan européen, nous codirigeons la coalition ECFA avec l'ONG belge Gaia. CIWF compte 25 000 donateurs particuliers réguliers et reçoit des legs et des soutiens de fondations diverses. Fin 2009, la fondation Tubney Charitable Trust nous a fait un don d'environ 2,6 millions d'euros qui va nous permettre de développer nos activités avec le secteur européen de l'agroalimentaire durant les cinq prochaines années, notamment sur le mode d'élevage des poules pondeuses.

Quel est concrètement votre programme d'action ?

Je suis chargée de sensibiliser en France les industries agroalimentaires et la grande distribution sur l'intérêt de l'élevage des poules alternatif aux cages. C'est pour cette raison que CIWF a créé en 2007 le trophée des oeufs d'or (www.oeufsdor.com). Ces trophées visent à encourager les entreprises agroalimentaires, restaurateurs, distributeurs et collectivités qui utilisent ou s'engagent à utiliser exclusivement des oeufs issus d'élevage en plein air ou au sol. Nous avons déjà 170 lauréats européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne essentiellement), mais encore peu au sud de l'Europe. En 2009, les lauréats français ont été Amora, le restaurateur Guy Martin, la Mère Poulard (restaurant du Mont Saint-Michel et biscuits), les magasins Botanic. Les distributeurs français nous disent y réfléchir, mais n'ont pas encore banni les oeufs de batterie. Pour nous, il existe une réelle attente des consommateurs. Par ce biais, l'entreprise primée peut booster son image et se démarquer sur le marché. Amora nous a dit que le trophée lui avait fait gagner des parts de marché sur sa mayonnaise. Trois cérémonies devraient être organisées en septembre : au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.

Quel était l'objectif de votre première participation au Salon international de l'agriculture en mars dernier ?

Sensibiliser le grand public sur l'élevage des poules en batterie afin qu'il se tourne vers les modes alternatifs. Le consommateur ne sait pas ou très mal lire les codes sur les oeufs. Il se plaint aussi des ambiguïtés de l'étiquetage des boîtes. Néanmoins, et malgré son prix, l'oeuf alternatif est plébiscité avec une progression de 12 % des volumes en magasin l'an dernier.

Quel mode d'élevage souhaitez-vous réellement pour les poules pondeuses ?

Nous voulons être sûrs qu'il n'y aura pas de report de l'application de la directive au 1er janvier 2012. Cette directive reste insuffisante. Une cage même aménagée reste une cage, avec un milieu peu enrichi et une faible augmentation de surface par poule. On passe de la feuille A4 à l'A4 plus la carte postale. Notre préférence va au mode plein air, mais la volière et le sol constituent une étape acceptable.

Avez-vous pour objectif à long terme de faire interdire l'élevage ?

CIWF n'est pas une organisation végétalienne qui souhaite faire stopper l'élevage desanimaux de rente. Nous sommes pro-élevage, mais pour un élevage respectueux des animaux.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2010

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