Amélioration génétique : Pour Aviagen Turkeys, le progrès génétique passe aussi par la technicité sur le terrain

Pascal Le Douarin

Pour le sélectionneur Aviagen Turkeys, le salut de la production de dindes passe aussi par une amélioration de la technicité, à tous les niveaux de la filière.

Ian Hamilton, président de la filiale britannique d'Aviagen Turkeys, ne cache pas qu'aux USA comme en Europe, le secteur de la dinde traverse une très grave crise. Le futur de cette espèce dépendra de sa capacité à ne pas être déphasée par rapport à l'espèce poulet, qui génétiquement continue de s'alourdir, d'augmenter ses rendements de filets et de diminuer ses indices de consommation. Aviagen Turkeys s'est donné comme objectifs d'améliorer encore et encore les indices de consommation et les rendements filet. D'où les investissements consentis dans la recherche et le développement, et dans des équipements adaptés aux nouvelles méthodes de sélection. C'est ce qu'Aviagen est venu dire en France le 18 novembre 2008 au cours d'une journée de rencontre avec des accouveurs, des responsables techniques d'organisations de production et des nutritionnistes.

Accélérer le progrès

Magnus Swalander, le généticien de la filiale européenne, a montré tout l'intérêt du nouveau système de sélection en groupe. Munies de capteurs individuels, les dindes en pedigree peuvent cohabiter à plus de cent individus, interagir socialement, tout en ayant leurs performances de ponte et leurs comportements alimentaires parfaitement suivis : nombre
et horaires des prises alimentaires, quantités consommées, gamelles choisies… Ceci débouche sur de nouvelles connaissances zootechniques.
Ainsi, les lignées mâles et femelles n'ont pas le même comportement alimentaire. Contrairement aux idées reçues, le temps passé à manger n'est pas lié à la durée d'éclairement. Les individus les plus performants sont ceux qui effectuent le plus de repas, la quantité absorbée par repas étant peu variable. Pour obtenir un bon indice, la dinde doit manger souvent et rapidement. Ce nouvel outil ouvre de nouvelles perspectives de sélection. Magnus Swalander estime qu'il est possible d'augmenter de 65 % la vitesse de gain génétique. En résumé, au lieu de 2 % de progrès génétique annuel en pedigree, on pourra atteindre 4 %. Avec cette accélération, il sera encore plus nécessaire de faire évoluer les méthodes d'élevage pour extérioriser ce potentiel et le valoriser, de sorte que l'ensemble de la filière pourra retrouver sa compétitivité.

Le progrès génétique sur les indices de consommation va s'accélérer grâce aux investissements dans des stations collectives de contrôle par transpondeur individuel.(MDG Photographics/Aviagen Turkeys)

Le progrès génétique sur les indices de consommation va s'accélérer grâce aux investissements dans des stations collectives de contrôle par transpondeur individuel.(MDG Photographics/Aviagen Turkeys)

 

Fort lien terrain-génétique

Le potentiel génétique ne vaut rien si le terrain ne l'exprime pas. Ceci suppose de constants allers et retours d'informations entre les données du terrain et celles du sélectionneur. Aviagen Turkeys dispose d'un support technique, chargé d'accompagner les utilisateurs dans l'usage optimisé de ses produits. Les souches évoluent, la conduite et la nutrition doivent aussi changer, a souligné Andrew Cleare à propos de la conduite des reproducteurs. Il a expliqué que le poids des femelles au transfert était moins déterminant que la façon d'y arriver : pour améliorer la ponte, une croissance régulière et continue est préférable, tout comme un GMQ élevé entre l'âge de 24 et 30 semaines. Ce résultat passe notamment par l'ajustement des taux de protéines de l'aliment. En pratique il faudrait utiliser une gamme élargie de formules ou pouvoir diluer un aliment. Carlo Norci a insisté sur la détection des dindes couveuses. Nick French s'est penché sur la maîtrise des paramètres de l'incubation, avec la température réelle de l'embryon, l'hygrométrie et la durée de l'incubation. Nick Simons, consultant pour Aviagen, a quant à lui présenté les plus et les moins du démarrage et de l'engraissement séparés (brood and move en anglais). Parmi les inconvénients, figurent la nécessité de maîtriser la logistique et les plannings, ainsi que le surcoût de main-d'oeuvre. Néanmoins, le procédé semble globalement rentable puisqu'il est utilisé aux USA, au Brésil et même en Europe de l'ouest (Allemagne).

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2009

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