Aménagement d'élevages : Les poules alternatives ont droit à leur véranda

Pascal Le Douarin

Depuis le printemps dernier, les éleveurs bretons de poules plein air aménagent leurs bâtiments en construisant des « vérandas » assimilées à des surfaces de bâtiments.

La mode de la véranda gagne-t-elle les élevages de poules pondeuses alternatives ? « Non, assure Cécile Hareau, responsable de la production des oeufs alternatifs à la coopérative Le Gouessant. Il s'agit d'optimiser les capacités de production de nos éleveurs pour leur permettre d'augmenter leur revenu. L'augmentation d'effectif varie de 500 à 1000 poules au maximum, sauf dans le cas des créations à partir d'existant. » La centaine de producteurs en alternatif est rémunérée à la poule présente donc, refrain bien connu, « plus de poules c'est plus de revenu ». Le déclic est venu au début de l'année 2009, après l'entrée en vigueur du règlement bio européen. Le nombre de poules bios présentes sur un site d'élevage n'est plus plafonné. Il est désormais possible de détenir plusieurs lots de 3000 poules de même âge dans des salles accolées, à raison de 6 poules par mètre carré, jardin d'hiver compris, mais nids exclus. D'où l'idée du service technique du Gouessant de créer selon la définition officielle : « une surface couverte, accolée au bâtiment, close sur trois côtés et accessible dans les mêmes conditions que le parcours, avec trappes côté bâtiment et côté parcours ».

Structure solide, lumineuse, bien ventilée mais non venteuse (soubassement en parpaings) : cette véranda « modèle » a coûté moins de 30 euros par mètre carré. (P. Le Douarin)

Structure solide, lumineuse, bien ventilée mais non venteuse (soubassement en parpaings) : cette véranda « modèle » a coûté moins de 30 euros par mètre carré. (P. Le Douarin)

Véranda à la carte

En pratique, l'augmentation du nombre de poules dépend de la prise en compte de plusieurs critères : intérêt ou pas à changer de statut réglementaire vis-à-vis des installations classées ICPE (rester au règlement sanitaire départemental (RSD) à moins de 5000 poules ou être en régime déclaratif jusqu'à 30 000 poules), avoir une taille suffisante de parcours (4,2 m2/poule), avoir une surface de nids suffisante (120 cm2/poule). « Pour les bâtiments existants, nous ne sommes pas dans une démarche de surinvestissement. Il s'agit de compléter la surface utile de bâtiment manquante par une véranda. Pas de tout refaire », précise encore Cécile Hareau. C'est pourquoi, chaque cas examiné est un cas particulier. Pratiquement, plusieurs situations ont été rencontrées : création d'un atelier nouveau à partir d'un bâtiment existant (exemples de Valérie Le Graet et de Jean-Michel Boscher), compensation du passage du label vers du bio avec réduction obligatoire de la densité de 9 à 6 poules par mètre carré (exemple de Yannick Le Lay), ou optimisation de l'existant (exemple de Jacqueline Poher). Les solutions choisies sont variables selon la surface de la véranda, allant du simple grillage à une extension en dur avec permis de construire.

En Bretagne la véranda est surtout utilisée pour optimiser les capacités de production dans des poulaillers déjà construits. (P. Le Douarin)

En Bretagne la véranda est surtout utilisée pour optimiser les capacités de production dans des poulaillers déjà construits. (P. Le Douarin)

 

(1) 105 éleveurs détiennent 800 000 poules (plus de la moitié en bio) dans 140 poulaillers, essentiellement implantés dans les Côtes-d'Armor.

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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