Aux États-Unis : La nutrition « in ovo » booste le poussin

Armelle Puybasset

Des chercheurs américains ont développé une technique d'alimentation des volailles de
chair pour le moins innovante. Il s'agit de la nutrition in ovo.
Le principe repose sur l'administration de nutriments directement dans l'oeuf à couver. «
L'objectif est de favoriser le développement néonatal du poussin », a expliqué Peter Ferket,
professeur de nutrition à l'université d'État de Caroline du Sud, lors du forum DSM.
« L'incubation et la phase néonatale correspondent à près de 50 % de la vie d'un poulet,
souligne-t-il. Il faut donc agir au plus tôt pour faciliter le développement du système digestif.
Cela passe par une bonne maîtrise des conditions d'incubation et un apport nutritionnel
adapté. » La technique de nutrition in ovo a été mise au point avec la collaboration de la
société Embrex, qui fabrique des machines d'injection automatique in ovo (couramment
utilisées pour la vaccination) et la société israélienne de nutrition Aviantech. La solution d'1
ml est composée de vitamines, d'amidon de maïs, de sel et d'eau (les nutriments sont
préalablement irradiés pour éviter tout risque de contamination).


La nutrition in ovo augmente les réserves de glycogènes et améliore la capacité digestive du poussin. (A. Puybasset)

La nutrition in ovo augmente les réserves de glycogènes et améliore la capacité digestive du poussin. (A. Puybasset)

Meilleur démarrage

Elle est injectée dans le liquide amniotique vers 17 jours d'incubation, au moment où
l'embryon commence à l'ingérer. Selon les mesures réalisées par le professeur Ferket, le
jour de l'éclosion, les villosités intestinales des poussins nourris in ovo sont 28 % plus
longues que celles des poussins du lot témoin. « La nutrition in ovo augmente les réserves
de glycogènes, améliore la capacité digestive du poussin. Le taux de pattes présentant une
asymétrie est réduit et le poussin est plus actif. »
Le gain de poids est supérieur de 8,4 % durant les quatre premiers jours de vie. « En fin
d'élevage, la différence de poids vif est minime mais c'est surtout l'indice de consommation
qui diminue sensiblement. » Pour le chercheur, cette technique pourrait être prochainement
commercialisée, tout du moins aux États-Unis. Au-delà des questions d'éthiques, reste à
savoir dans quelle catégorie entre cette préparation au niveau réglementaire : ce n'est pas
un aliment puisqu'il est administré avant que le poussin ne naisse…

Source Réussir Aviculture Décembre 2008

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