Bilan de l'année 2008 : La production de volaille n'a pas confirmé son embellie

Hervé Dumuis

La consommation française de volaille est à son plus haut depuis 2001 et pourtant, la filière ne parvient pas à bénéficier de cet élan, la faute à des importations toujours en hausse.

En 2008, la production de volaille n'a pas confirmé la reprise constatée en 2007. Selon les bilans du SSP (Services de la statistique et de la prévision du ministère de l'Agriculture), celle-ci a été en repli de 0,9 % à 1,85 million de tonnes. Sur dix ans, la baisse atteint 480 000 tonnes, soit 20 % des volumes produits en 1998. La tendance des premiers mois de 2009 n'est pas plus prometteuse. Le recul des abattages contrôlés atteint 6,5 %, toutes espèces confondues. C'est la dinde qui souffre le plus avec une chute de 13 %, suivie par le secteur du foie gras, qui confirme ses difficultés avec une baisse de 5,4 %. Quant au poulet, dont le dynamisme en 2008 (+ 1,7 %) avait réussi à compenser la baisse des autres productions, il recule de 3,8 % en 2009.

L'indice des prix à la consommation de la viande de volaille a enregistré une hausse de 11 % en 2008, loin devant le boeuf (+ 3,8 %) et le porc (+ 2,6 %). (S. Leitenberger)

L'indice des prix à la consommation de la viande de volaille a enregistré une hausse de 11 % en 2008, loin devant le boeuf (+ 3,8 %) et le porc (+ 2,6 %). (S. Leitenberger)

Le solde commercial se détériore

Selon Agreste, le solde commercial de viandes et de préparations de volaille continue à se détériorer. En valeur, il passe de 353 millions d'euros en 2007 à 339 millions en 2008, un repli de 4 %. Depuis 2005, la chute est de 203 millions d'euros (- 37 %).
En volume, les importations sont en forte hausse (+ 6,6 %), tandis que les exportations sont quasi stables (+ 1,3 %). La progression de ces dernières vers les pays tiers (+ 12 %) est annulée par la perte des expéditions vers nos voisins européens (- 10 %).
Avec 64 100 tonnes en équivalent carcasse, la France est, pour la deuxième année, importatrice nette de viandes et préparations de volaille vis-à-vis de ses partenaires européens

Cependant, le marché mondial a été favorable aux opérateurs français en 2008, avec une demande alimentaire croissante et un début de diversification de leurs concurrents brésiliens. Ainsi les importations brésiliennes ont reculé de 6 % en volume. Les exportations sous forme de préparations continuent leur progression (+ 3 % en 2008). Depuis 2005, ces dernières ont progressé de près de 20 %. La hausse est particulièrement sensible vers les pays tiers, notamment vers l'Arabie Saoudite (+ 33 000 tonnes depuis 2006). De plus, les importations de préparation de poulet, qui représentent près des deux tiers de nos achats de préparation, diminuent de 5 %.
Quant aux importations de préparations en provenance du Brésil, notre principal fournisseur extérieur à l'Europe, elles continuent d'augmenter, essentiellement à travers les hausses des importations de préparations de dinde (+ 21 % en 2008).

 

La consommation augmente

Si la production se tasse et que le déficit commercial se creuse, la bonne tenue de la consommation française est à souligner. Calculée par bilan, celle-ci atteint 1,56 million de tonnes en 2008, soit une hausse de 5,6 % par rapport à l'année 2006, marquée par la crise de l'influenza aviaire. Avec 24,5 kilos par personne et par an, la consommation individuelle retrouve quasiment ses niveaux records de 2001.
Depuis début 2009, la tendance se confirme. Les achats des ménages progressent de 2,3 % en volume. Les achats de poulets progressent de 2,4 %, (surtout grâce aux découpes, + 9 %), les achats de dindes se redressent (+ 8,1% selon le Cidef) et les achats d'élaborés restent stables (+ 0,5 %).
Ce dernier constat est encourageant. En effet, les prix de détails ont enregistré une augmentation significative à partir du second semestre 2007. L'indice des prix à la consommation des viandes a subi une hausse de 4 % en 2008 par rapport à 2007. Les volailles ont enregistré la plus forte hausse (+ 11 %), loin devant le boeuf (+ 3,8 %) et le porc (+ 2,6 %).
Dans ce contexte de forte augmentation, le consommateur aurait pu se détourner de la viande de volaille. Au contraire, selon TNS, l'augmentation de l'indice général de consommation et la baisse du pouvoir d'achat a orienté le consommateur vers les magasins de type hard discount et les viandes les moins chères, dont la volaille.

 

Le prix supplante la qualité

Cependant, à l'intérieur du segment volaille, des arbitrages ont été réalisés. Selon le Cidef, la consommation globale de dinde a chuté de 4,5 % en 2008 par rapport à 2007 pour s'établir à 351 200 tonnes équivalent carcasses (tec). Première cause : le prix. La dinde a été la viande dont le prix de détail a le plus augmenté l'an passé avec un bond de 11,4 %.
De plus, selon l'Itavi, l'inflation sur les prix de détail, consécutive à la flambée du cours des matières premières, a modifié la hiérarchie des critères d'achat des consommateurs. Le prix comme critère d'achat s'est affirmé, aux dépens de la qualité. Ainsi, En 2007 le label rouge qui représentait 62 % des achats de poulets entiers par les ménages, ne représente plus que 51 % aujourd'hui.

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2009

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