Développement durable, bio, sans OGM… : Loué garde toujours une longueur d'avance

Pascal Le Douarin

Une assemblée générale de la Cafel est un moment à part dans l'univers de la volaille. Par le nombre de participants (plus de mille), par la mise en scène et par le contenu. Cette année, l'accent a été mis sur des démarches, une fois de plus novatrices. D'abord sur un concept très à la mode, le « développement durable », qu'a expliqué Thierry Bonaudo, enseignant chercheur à Agro Paris Tech.
En résumé, le développement durable est l'art de produire des biens et des services qui répondent à des besoins, tout en faisant le moins de dégâts irréversibles sur la planète, qui empêcheraient les générations futures d'assouvir leurs propres besoins. Il repose sur trois principes : la solidarité (entre générations et entre territoires), la précaution (minimiser les dommages irréversibles), la gouvernance (participation de tous les acteurs). Et il se concrétise dans trois domaines qui interagissent : économiques, environnementaux, sociaux.

Pour Alain Allinant, président de la Cafel, le futur de Loué repose sur de multiples certitudes qui rejoignent souvent les concepts de ses pionniers. (P. Le Douarin)

Pour Alain Allinant, président de la Cafel, le futur de Loué repose sur de multiples certitudes qui rejoignent souvent les concepts de ses pionniers. (P. Le Douarin)

Cinquante et un ans de durabilité

Pour chacun de ces « piliers », sont définis des objectifs à atteindre en priorité, les actions à mener et les indicateurs qui mesurent les résultats obtenus.
La Cafel s'est volontairement pliée à un diagnostic de développement durable, longuement commenté. Eric Cachan, vice-président de la Cafel, avoue avoir été surpris par cette nouvelle approche. « Jusqu'à présent, nous avions deux défis à relever : générer de la valeur ajoutée pour tous les maillons et répondre aux attentes des consommateurs-citoyens. Le développement durable va nous pousser à revisiter nos objectifs et nos actions au quotidien, puis de les contrôler sous la forme d'indicateurs. »
Au bout du compte, il apparaît que, depuis l'origine la filière des Fermiers de Loué a fait du développement durable sans le savoir. La Cafel a aussi fait du développement durable en prenant comme devise « ne produire que ce qui est commandé, et ne vendre que des produits différenciés. » Selon Thierry Bonaudo, il ne faut pas avoir peur du développement durable. « C'est du concret. Il faut s'y mettre, puis communiquer entre vous dans la filière et vers les consommateurs afin de réaffirmer votre identité professionnelle et votre lien de confiance avec la société. »

Les Fermiers de Loué ont aussi annoncé le lancement d'une initiative unique : soutenir des producteurs de matières premières végétales bio. Comme ailleurs, l'approvisionnement en céréales bio est déficitaire. Pour rétablir l'équilibre végétal-animal, sécuriser l'appro local et consolider une production régionale, les Fermiers de Loué vont investir un million d'euros sur 5 ans. Le contrat « Grains de terroir bio » apporte des garanties de prix et de durées (5 ans). Les agriculteurs se verront proposer un prix garanti variable selon le marché (cette année, plancher de 220 €/tonne et plafond de 270 €/tonne) et une prime de 30 euros par tonne. De plus, pour les agriculteurs se convertissant, Loué majorera l'aide publique de 100 €/ha l'année 1, de 50 euros l'année 2. Avec 37 millions d'oeufs bio, Loué est le leader national. Et avec un million de volailles par an, ses besoins en céréales bio sont de 6 à 7000 tonnes par an (environ 1600 ha) qui seront valorisées par une seule usine (Ufab).
Troisième annonce : le « sans OGM ». La veille de l'assemblée a été rendu public l'avis du Conseil national de l'alimentation concernant l'étiquetage des mentions sans et non OGM. Le CNC s'est positionné pour. Cela a permis à Loué de réaffirmer le bien-fondé de la décision prise voici onze ans de ne pas utiliser de matières premières contenant des OGM, sauf contamination fortuite (au maximum légal de 0,9 %).

Avec une croissance de 15 % en volaille et 11 % en oeuf en 2008, Loué compte bien être acteur du bio, tout comme il valorisera ses matières premières non OGM sur les produits labellisés. (P. L. D.)

Avec une croissance de 15 % en volaille et 11 % en oeuf en 2008, Loué compte bien être acteur du bio, tout comme il valorisera ses matières premières non OGM sur les produits labellisés. (P. L. D.)

 

Bientôt du label rouge « sans OGM »

Les modèles d'étiquette sont déjà prêts. Dès que les décrets permettant l'étiquetage paraîtront, les emballages des volailles de Loué arboreront la mention « nourri sans utilisation d'OGM ».
Alain Allinant, président de la Cafel, n'a pas l'intention « d'écouter ceux qui jusqu'à présent n'ont fait aucun effort. » Décidément, Loué en fera toujours à sa tête. Ce ne sont pas les éleveurs qui s'en plaindront, ni LDC.

Source Réussir Aviculture Juin 2009

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