Diagnostic d'exploitation : Le bilan identifie les postes gourmands en énergie

Armelle Puybasset

Il existe plusieurs outils d'analyse énergétique d'exploitation agricole. Le bilan énergétique
consiste à quantifier les flux de consommation et de production d'énergie à l'échelle d'une
exploitation agricole. Pour comparer les éléments entre eux, toutes les énergies consommées
(entrées) et les énergies produites (sorties) sont converties en une même unité et exprimées
en équivalent litre de fioul (EQF). Pour les entrées, il s'agit à la fois des énergies consommées
directes (fioul, électricité, eau, gaz) et indirectes (achat d'aliment, d'engrais, d'animaux, de
matériel, de bâtiments).

Un bilan coûte environ 250 euros

Depuis plus de quinze ans, Benoît Drouin et ses parents, exploitants dans la Sarthe, ont
choisi d'évoluer vers un mode de production le moins « énergétivore » possible tout en
restant rémunérateur.
Les sorties sont les productions de viande, de lait ou de végétaux. « Une exploitation
produit plus qu'elle consomme lorsque le rapport entre les énergies produites et
consommées est supérieur à 1 », explique Benoît Drouin (1). « Dans le cas inverse,
l'exploitation est « énergétivore » . C'est d'ailleurs le cas de deux tiers des exploitations
françaises. »
Le bilan permet avant tout d'identifier les postes qui sont gourmands en énergie et
d'envisager les différentes solutions pour réduire leur impact énergétique. Le coût d'un bilan
est d'environ 250 euros.






En produisant de l'électricité, les 150 m2 de panneaux photovoltaïques installés en 2007 sur un hangar contribuent à améliorer le bilan énergétique de l'exploitation. (A. Puybasset)

En produisant de l'électricité, les 150 m2 de panneaux photovoltaïques installés en 2007 sur un hangar contribuent à améliorer le bilan énergétique de l'exploitation. (A. Puybasset)

 

Impact sur les gaz à effet de serre : la volaille en meilleure position

L'atelier avicole de l'exploitation de Benoît Drouin est plus « énergétivore » que l'atelier de
vaches laitières. En revanche, son impact sur les émissions de gaz à effet de serre est
plus favorable. Le bilan Planète mesure également les émissions de gaz carbonique (CO2),
de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (NO2) responsables de l'effet de serre. Les
émissions totales de l'exploitation sont de 539 tonnes équivalent CO2 par hectare (téq
CO2/ha SAU). Si l'on différencie les émissions par production animale, le bilan est de 85 téq
CO2/ha pour les volailles et de 467 tonnes pour les vaches laitières. Cette différence
s'explique par des besoins plus élevés en mécanisation en production laitière et une
émission supérieure de méthane par les vaches.

(1) Ce producteur a choisi la méthode de diagnostic Planète (Pour l'analyse énergétique de
l'exploitation) qui est développée par l'association Solagro (Toulouse), reconnue par le
ministère de l'Agriculture et utilisée par de nombreuses écoles. Le bilan énergétique a été
réalisé par l'association Adeas-Civam(2) de la Sarthe, dont il est président.

(2) Agriculture durable économe autonome et solidaire avec le Centre d'initiative et de
valorisation de l'agriculture et du milieu rural.




Source Réussir Aviculture Juin 2008

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