Echangeurs de chaleur grands caissons : L'Agro Climat Unit garantit 350 litres d'air par heure par animal

Pascal Le Douarin

Mis au point aux Pays-Bas, le système Agro Climat Unit est en cours d'adaptation aux conditions françaises, avec une unité en cours d'essai en Bretagne.

Le caisson Agro Climat Unit impressionne par son volume. Il fait 9 mètres de long, 2,3 mètres de haut pour une largeur variant de 1 à 2,5 mètres. Il contient en effet quatre hauteurs de rangées de plaques alvéolées de 7 mètres de long.
Quatre tailles de caissons sont proposées, en fonction du nombre d'oiseaux présents dans le bâtiment à réchauffer. Il faut que chaque sujet puisse recevoir jusqu'à 350 litres d'air réchauffé par heure.
Marc et Dominique Cornec sont éleveurs de dindes et de poulets export dans le Finistère. Ils ont accepté de tester un appareil dans un Louisiane de 116 mètres de long et de 1400 m2 contenant 40 000 poulets. Le modèle installé — celui de 13 700 m3/heure — correspond le mieux aux 14 000 m3/heure calculés.
L'air frais est tiré par un ventilateur placé dans une gaine de 87 cm de diamètre, à la sortie de l'échangeur, tandis que l'air vicié est aspiré par le second ventilateur placé dans la cheminée de sortie. L'air arrive réchauffé au milieu du bâtiment et au faîtage, via la gaine extérieure. De là, des brasseurs verticaux, très silencieux et placés tous les quinze mètres, le distribuent du milieu vers les pignons. L'air vicié est récupéré par une gaine de 87 cm, elle aussi placée au milieu et à mi-hauteur. « L'idéal serait de reprendre l'air plus haut, mais on bute dans l'air réchauffé qui arrive », note Dominique Cornec.

Le caisson de 9 mètres de long est placé sur le côté ou en pignon avec la gaine d'entrée d'air courant à l'intérieur ou sur le toit selon le volume et la pente du bâtiment. (P. Le Douarin)

Le caisson de 9 mètres de long est placé sur le côté ou en pignon avec la gaine d'entrée d'air courant à l'intérieur ou sur le toit selon le volume et la pente du bâtiment. (P. Le Douarin)

Régulation autonome et souple

Le pilotage est réalisé avec un régulateur indépendant de la régulation du Louisiane. « Une volonté du concepteur néerlandais Agro Supply remarque Gwénael Chevance, de la société distributrice Mafrel. C'est plus simple pour le suivi et cela évite d'éventuelles interférences avec d'autres intervenants. »
Le principe de fonctionnement est le suivant. Pour des jours clés (J4, J7, J14, J21) définissant quatre périodes, les éleveurs fixent les taux de ventilation minimale et de ventilation maximale en pourcentage du potentiel. Entre ces jours, le programme s'aligne en proportion. Marc et Dominique calculent ces pourcentages à partir du cubage d'air souhaité par heure et par kilo de poids vif (m3/h/kg PV), multiplié par le poids total des oiseaux présents. Par exemple, pour des poussins de 80 grammes et pour un minimum de 0,3 m3/h/kg PV et un maximum de 0,5 on arrive à un taux mini de 7 % et maxi de 11,7 %. Un anémomètre vérifie le débit d'air sortant. Entre ces deux valeurs, le débit augmente sur une plage d'augmentation de 3°C (réglable) de la température d'entrée d'air, par exemple de 24°C à 27°C. Une sonde est placée à l'entrée.

Pas encore assez de recul

Sur le premier lot, les frères Cornec ont fait fonctionner le récupérateur du 4e au 24e jour. La régulation du Louisiane s'est mise en route lorsque l'apport d'air réchauffé s'est avéré insuffisant.
Selon le constructeur, l'efficacité thermique est de 80 %, c'est-à-dire que le système permet de récupérer 80 % de l'écart température extérieure-température intérieure. Un air à 0°C pourrait entrer à 24°C avec un air sortant à 30°C.
Avec un seul lot de poulets export sorti mi-mars, les Cornec ne veulent pas se prononcer, sachant qu'il y a eu la période de prise en main. Ils ont obtenu des performances identiques et une consommation de gaz presque similaire, avec le sentiment d'avoir surventilé en suivant les préconisations néerlandaises. Leur stratégie de ventilation est « de travailler avec un faible renouvellement d'air, tout en maîtrisant l'hygrométrie. Nous sommes en permanence sur le fil du rasoir ». Leur objectif serait d'atteindre 30 à 40 % d'économie de propane, sachant que ce bâtiment consomme 12 tonnes par an avec du poulet export, à comparer aux 3 tonnes dépensées dans leur plus récent dynamique Colorado. « Ce système sera très intéressant en dinde remarque Dominique. On peut améliorer les litières, et économiser du gaz, car les périodes de chauffe sont plus longues et les températures de démarrage plus élevées. »

Le té d'introduction de l'air réchauffé au faîtage est relayé par des brasseurs verticaux tandis que la prise d'air chaud a été remontée par une gaine pour gagner quelques degrés. (P. Le Douarin)

Le té d'introduction de l'air réchauffé au faîtage est relayé par des brasseurs verticaux tandis que la prise d'air chaud a été remontée par une gaine pour gagner quelques degrés. (P. Le Douarin)

 

Un retour sur sept ans

Un point reste à améliorer : le nettoyage automatisé des plaques. Les éleveurs ont dû le faire à chaud dès l'arrêt de l'appareil, et réclament une amélioration.
Quant à l'investissement, Gwénael Chevance l'estime aux alentours de 25 000-30 000 euros, variables selon le modèle et l'implication de l'éleveur dans le montage. Avec 40 % de réduction de la facture de gaz, le retour sur investissement serait de sept ans, en tablant sur un propane à 750 euros la tonne. Sans compter l'impact sur les performances techniques. Sur ce point, Mafrel espère en savoir plus d'ici le Space.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de mai 2009. (R. Aviculture n°146 p. 10 à 17.)
. Agro Climat Unit (Agro supply) : Mafrel au 02 96 67 41 48.

Source Réussir Aviculture Mai 2009

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