Pleinchamp.com, votre site d’expertise agricole - Retour à l'accueil
Facebook Twitter google+ Youtube

Découvrez les Services Experts

  • Météo
  • Grandes cultures
  • Élevage
  • Porcs
  • Viticulture
  • Énergie
Agriculteurs, clients du Crédit agricole, informez-vous ici

Mon espace
pleinchamp

Mot de passe oublié ?
Imprimer
En Allemagne, contre la colibacillose, l’alternative des antioxydants

Vis-à-vis de la colibacillose, les élevages allemands de pondeuses cherchent une solution alternative à l’usage des antibiotiques, de moins en moins acceptés, et des autovaccins, jugés onéreux. © A. Puybasset

Réussir Aviculture

23/02/12
Volailles / lapins

En Allemagne, contre la colibacillose, l’alternative des antioxydants

Les éleveurs allemands veulent préserver la santé de leurs pondeuses grâce à des produits alternatifs utilisés en préventif. En se passant des vaccins comme des antibiotiques, ils cherchent à réduire leur coût de production.

L’Allemagne dénombre quelque 40 millions de pondeuses. Chacune produit en moyenne 300 œufs par an en 72 semaines ; 61 % du cheptel est élevé au sol (volière comprise), 18 % en cages « petite volière », 12 % en plein air et 9 % en bio. Le protocole classique prévoit trois vaccins contre salmonelle, bronchite infectieuse (BI) et Newcastle, et une dose contre Gumboro et laryngotrachéite. Les éleveurs font leurs arbitrages en fonction de la pression de chaque maladie. Ils vaccinent contre les brachyspires s’ils élèvent en plein air. Ils interviennent ponctuellement sur mycoplasma gallisepticum (MG) et m. synoviae (MS). Ce dernier est même toléré si aucune BI ne s’est développée. « L’ensemble de ces affections est très maîtrisable avec les vaccins. Sauf une, la colibacillose. Elle reste le problème numéro un en Allemagne », estime Reinhold Willenborg, conseiller avicole de la société MFW, en Basse-Saxe.

La vigilance s’impose

Le contexte est assez similaire à ce qu’il est en France. En Allemagne, la colibacillose touche de 3 à 4 % des élevages en cages, environ 10 % des élevages de poules au sol et de 20 à 25 % des poules en plein air malgré l’autovaccination. Sa propagation est d’autant plus rapide que les contacts entre animaux permis par le mode d’élevage sont fréquents. « La mortalité peut grimper jusqu’à 5 % mais se limite à 0,5 % si l’éleveur agit dès que la maladie se déclare. Dans ce cas, la vigilance s’impose car elle peut resurgir une deuxième, voire une troisième fois », évalue Reinhold Willenborg. En curatif, les éleveurs administrent via l’eau de boisson des antibiotiques comme la colistine et la néomycine. Ces molécules peuvent être utilisées sans délai d’attente en élevage conventionnel. En bio, ce délai est de deux jours après un traitement sur six jours.

Autovaccin à « large spectre »

Dans une région comme la Basse-Saxe où la densité animale est forte, les aviculteurs ont le plus fréquemment recours à l’autovaccination comme arme de prévention. Selon Reinhold Willenborg, c’est le cas de 10 % des cheptels conduits en cages, de 50 % des élevages avec poules au sol et de 80 % des élevages plein air. Les éleveurs font fabriquer le vaccin avec la souche résidente dans le poulailler et y associent plusieurs autres jugées dangereuses. Ils ne dépassent pas quatre souches afin de préserver l’efficacité de l’injection. Ils utilisent de l’adjuvant huileux pour que le vaccin demeure dans le muscle. Mais ils n’acidifient pas l’eau, de peur que trop de résidus dans les pipettes n’affectent l’efficacité du vaccin. La mono-injection à l’âge de 16-17 semaines est préférée. Si la pression est élevée, une deuxième injection peut intervenir à 25 semaines, mais c’est assez rare. « Rattraper les poules augmente considérablement la charge de travail et perturbe trop les animaux », note Reinhold Willenborg.

Réguler le stress oxydatif

Les éleveurs décident d’autovacciner (ou pas) selon la pression de la maladie et la dépense que génère leur stratégie. Depuis l’automne 2010, la faiblesse des cours de l’œuf les incite à économiser sur les frais de vaccination d’une poule. Ils sont estimés entre 55 et 60 centimes jusqu’à l’entrée en production de l’animal. « Pour réduire leurs coûts, les éleveurs sont prêts à arrêter la vaccination. Mais ils hésitent à franchir le pas par crainte de devoir intervenir en curatif avec des antibiotiques. » Les solutions alternatives sont donc à l’étude. C’est pourquoi MFW expérimente le Volarom depuis un an et demi en ponte, dans trois élevages qu’il suit. Cet extrait de plusieurs herbes aromatiques à 98 % d’origine bio, additionné de deux huiles essentielles, se présente sous forme de liquide ou de poudre. « Ses composants antioxydants agissent en régulant le stress oxydatif qui se manifeste quand surviennent une maladie, une vaccination, un changement d’aliment, etc. La surproduction par les cellules de molécules d’oxygène est contrée. La flore de barrière est protégée. La maladie ne trouve plus de terrain propice à son développement », indique François Blua, PDG de la société Biodevas, fabricant français du Volarom. Le produit revendique un statut de supplément nutritionnel (sa classification en France) et ne prétend à aucun moment remplacer le médicament.

Intervenir préventivement

MFW conseille d’adopter une stratégie précoce systématique. Le produit est ajouté dans l’eau de boisson dès la mise en place du lot de ponte et à partir du deuxième ou troisième jour en volaille de chair. En usage tardif, les doses doivent être augmentées. Une dose « choc » est recommandée pendant quatre à huit jours sur animaux affaiblis. Dans un deuxième temps, on reviendra aux préconisations du programme précoce. Ensuite, l’administration est faite une fois par semaine (voir  ci-dessus). Les résultats des essais réalisés jusqu’à présent montrent une amélioration des performances zootechniques. « Il y a eu un gain de cinq œufs par poule, une mortalité inférieure de 3 % et un poids de réforme supérieur de 6 % à indice de consommation égal, affirme Reinhold Willenborg. Le coût du Volarom est identique à celui d’un traitement avec prise de médicament. Mais une poule qui meurt à cause de la coliba-cillose entre la vingt-quatrième et la vingt-huitième semaine représente une perte d’environ 11 €, soit 4,50 € de frais d’élevage et le reste sous la forme de la recette des œufs qui n’ont pas pu être produits. »  Le résultat d’un autre essai sur un lot de poules bio est attendu au deuxième trimestre 2012.

Christophe Reibel - Réussir Aviculture Janvier-Février 2012
Imprimer

Derniers commentaires postés

pleinchamp sur mobile

Saisissez votre N° et recevez un SMS
gratuitement avec le lien vers le site

En savoir plus

Aide téléphonique

Besoin d'informations ? Cliquez ici ou contactez

(depuis un téléphone fixe en France métropolitaine,
 hors surcoût éventuel selon opérateur)
lundi-vendredi : 9h-18h ; samedi : 9h-16h