Equipement des exploitations : Des outils pour pailler sans se fatiguer

Pascal Le Douarin

Pour réduire la pénibilité du travail, améliorer les résultats technico-économiques ou gagner du temps, le paillage mécanisé se généralise, avec une offre qui s'étoffe.

Les éleveurs de volailles sur litière sont de plus en plus conduits à mécaniser les opérations de mise en place — le « paillage » — et d'entretien — le « repaillage » — de cette litière, qu'il s'agisse de copeau, de paille, de miscanthus... Plusieurs raisons motivent le passage au paillage mécanique. La principale est souvent un ras-le-bol vis-à-vis d'une tâche jugée répétitive et pénible physiquement. Normalement synonymes de confort pour les volailles, le paillage et surtout le repaillage manuels sont presque toujours vécus comme des corvées.
La seconde raison est justement de se soucier du bien-être des animaux. La litière absorbe les déjections et l'eau excrétée, mais pour des espèces à durée de vie longue (dinde) ou salissantes (canard), le paillage initial est insuffisant. En mécanisant le repaillage, il est probable que l'on sera conduit à le faire plus souvent. Certains éleveurs qui sont passés à la mécanisation parlent même de plaisir de travail retrouvé ! Les détenteurs d'une machine peuvent mieux intervenir, en anticipant les dégradations de litière et en se concentrant, quand c'est possible, sur les zones les plus sales. Ils estiment que ces nouvelles pratiques sont pour beaucoup dans l'amélioration de leurs résultats technico-économiques. Pour d'autres, il s'agit de gagner du temps, les tailles d'élevages avicoles ayant tendance à augmenter, ou bien c'est un moyen de garder sa main-d'oeuvre salariée.

Pailleuse hacheuse pour paille non broyée

Le choix du type de machine dépend des usages ou des préférences individuelles, ainsi que des contraintes propres à l'espèce élevée. D'abord, la volaille nécessite une litière absorbante, si possible à base de paille broyée ou de copeau. Le premier critère de choix repose sur le type de litière à étaler.
Si on emploie uniquement de la paille qui n'est pas déjà broyée, le choix de machines qui hachent la paille en même temps qu'elles la distribuent est envisageable. Un seul tracteur et une seule personne peuvent faire le travail. La plupart de ces pailleuses hâcheuses sont constituées d'une caisse contenant la balle ronde ou carrée amenée par tapis jusqu'à un démêleur. Ce rouleau (voire deux) muni de sections coupantes coupe les brins. Une turbine à pâles aspire les morceaux de paille et les projette. Pénétrant dans le poulailler, ces machines doivent être aussi assez compactes et maniables, donc souvent portées, mais leur utilisation est quasi impossible en présence des oiseaux. Elles conviennent bien en poulet élevé sans rechargement de litière. Si de plus, on a besoin de pailler une stabulation en brins longs, certaines machines sont conçues pour être polyvalentes. Côté sécurité, compte tenu d'une utilisation en zone confinée, ces machines ne doivent pas engendrer d'étincelles avec des cailloux qui passeraient dans le mécanisme de hachage, et éjecter la litière de manière à limiter l'empoussièrement. La plupart du temps, le port du masque est fortement recommandé, quel que soit l'équipement en marche.

Si on emploie de la paille déjà broyée ou du copeau en vrac, hormis le chargeur à godet utilisable en paillage initial, une distributrice sera plus adaptée, surtout pour le repaillage. Deux types de machines sont disponibles : unique en son genre, la Mécapulse (Dussau) qui ne rentre pas dans le poulailler, ou les distributrices automotrices (marques Altec et Calvet).
Avec la Mécapulse, le caisson bâché de 10 m3 réceptionne la litière déjà prête à l'emploi. Dans cette cuve, trois rotors démêlent le substrat. Il passe dans une vis sans fin pour se retrouver dans une chambre de compression et pour être propulsé. L'ensemble fonctionne à l'extérieur en poste fixe, alimenté électriquement ou avec un tracteur. À l'intérieur, grâce au tuyau coulissant sur un rail, l'opérateur arrose le sol là où il le souhaite et en quantité désirée. D'où des économies de 30 % annoncées par le fabricant. Sachant que le matériel mobile est un vecteur de contaminants, Dussau a privilégié la sécurité sanitaire. Grâce à une pulvérisation au niveau de la chambre de compression, il est possible de fixer les poussières et de désinfecter la litière à coeur. Ce fabricant met aussi en avant la polyvalence, sa machine pouvant assurer la distribution d'aliment et le transfert pneumatique de céréales.

Quant aux distributrices automotrices (marques Altec et Calvet), elles ressemblent à de petits épandeurs. Un tapis fait avancer la litière vers des rotors démêleurs, puis elle tombe sur des disques d'épandage axial. Pour une utilisation en présence des volailles, des protections anti-écrasement semblent nécessaires, même si une ou deux personnes assistent le chauffeur lors des déplacements entre les rangées d'abreuvoirs et de mangeoires.

Le choix est orienté par la fréquence des interventions et le matériau employé. (P. Le Douarin)

Le choix est orienté par la fréquence des interventions et le matériau employé. (P. Le Douarin)

 

Distributrice pour le copeau ou la paille broyée

Les machines type pailleuse-dérouleuse ne conviennent pas, mais certaines constituées d'une caisse type épandeur et munies de disques projetant à petite distance, peuvent aussi convenir. C'est le cas des dérouleuses Altec ou Calvet.
L'aspect économique n'est jamais évoqué comme premier critère de choix, mais il faut tout de même le prendre en compte ! Avec des prix allant jusqu'à 30 000 euros, calculer la rentabilité d'un tel investissement est difficile, même si tous les utilisateurs sont convaincus du retour sur investissement. Le gain de temps est facile à calculer. Le gain de litière est-il réel si on paille moins mais plus souvent ? Quant aux performances technico-économiques, il peut y avoir des améliorations des niveaux de saisies, mais qu'en est-il des mortalités, des indices ou des GMQ ? Ce qui est certain, c'est qu'aucun de ceux qui passent au paillage mécanique ne voudrait revenir en arrière.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de janvier-février 2010. (RA n°153, p.8 à 13).

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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