Exportation des déjections : Le compost prend de la valeur

Armelle Puybasset

En 2008, la Coopérative des Agriculteurs du Morbihan devrait commercialiser près de 20
000 tonnes de produits organiques d'origine avicole. Il s'agit essentiellement de fientes de
poules séchées (13 000 tonnes) et de compost de fumier de volailles (7000 tonnes)
provenant d'une centaine d'élevages bretons.
Le service produits organiques de la CAM se charge de la reprise des produits, de leur
commercialisation et de leur livraison « rendus bout de champ ». Ils sont épandus sur des
terres céréalières et des pâtures situées sur la partie sud du Morbihan, dans le
département de Loire-Atlantique et dans la région Poitou-Charentes.





Cette activité a démarré en 1996. Au départ, l'objectif de la coopérative était d'aider les
éleveurs en excédent azoté et de les mettre en relation avec des agriculteurs disposant de
terres épandables. Puis en 2003, le contexte réglementaire a changé avec l'obligation de
composter le fumier avant de l'exporter (transport de fumier brut interdit). La CAM s'est
alors lancée dans la commercialisation de produits organiques. De 12 000 tonnes en 2004,
les volumes commercialisés ont atteint 17 000 tonnes en 2007 et devraient avoisiner 20 000
tonnes en fin d'année. Tandis que la part de fientes séchées provenant d'élevages de
poules pondeuses se stabilise, ce sont surtout les volumes de compost de fumier de
poulets et de dindes qui augmentent.
Aujourd'hui, le service produits organiques de la CAM compte poursuivre son
développement et est à la recherche de nouveaux contrats de reprise sur l'ensemble de la
région. Il faut dire que le contexte n'a pas toujours été aussi favorable aux opérateurs
impliqués dans la mise en marché de produits organiques d'origine animale.




 

Avec l'augmentation du prix des fertilisants organiques, la demande en produits organiques augmente. (A. Puybasset)

Avec l'augmentation du prix des fertilisants organiques, la demande en produits organiques augmente. (A. Puybasset)

 

Écart de prix favorable au compost

« Au départ, il a fallu démarcher les agriculteurs et mettre en avant les atouts de nos
produits, explique Jean-Michel Guéguen, commercial produits organiques de la CAM 56. Et
surtout, l'écart de prix avec les engrais minéraux est devenu beaucoup plus favorable au
compost. »
En l'espace d'un an, le prix des ammonitrates est passé de 320 euros la tonne à plus de
430 euros la tonne. « Depuis quelques semaines, on observe un véritable engouement des
céréaliers pour les composts organiques si bien que le marché est assez déséquilibré.
Nous devons faire face à une pénurie et la concurrence entre fournisseurs est rude. Malgré
tout, cette forte demande nous permet de mieux valoriser nos produits. » Les aviculteurs
qui livrent leur compost vont aussi pouvoir en profiter. Jusqu'ici, le compost était repris
gratuitement par la coopérative, celle-ci prenant à son compte les coûts de transport.
Désormais, les éleveurs vont être rémunérés. « Cette rémunération de quelques euros par
tonne leur permettra de couvrir au minimum le coût de compostage, voire de dégager une
petite marge », estime Jean-Michel Guéguen. Et vue l'envolée du prix des ammonitrates,
cette situation pourrait bien perdurer.


Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de septembre 2008 intitulé « Faire face aux nouvelles règles
sur le phosphore ». (R. Aviculture n°139, p. 41).

Source Réussir Aviculture Septembre 2008

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