Filière canard à rôtir : Enjeux environnementaux et de bien-être

Armelle Puybasset

Le bilan carbone du maillon élevage de la filière de canard à rôtir a été réalisé suite à la demande des professionnels. Avec le Grenelle de l'environnement, de nouvelles problématiques émergent, telles que la lutte contre le changement climatique et la maîtrise de l'énergie.
Par ailleurs, deux recommandations sur le bien-être du canard ont été proposées par le Conseil de l'Europe en 1999 et serviront de base à une future directive. Elles mettent notamment en ligne de mire le mode d'élevage sur caillebotis intégral. « C'est dans ce contexte que le Cicar a souhaité objectiver l'intérêt des différents systèmes d'élevage en comparant ces productions d'un point de vue environnemental », précise François Merlet de la chambre régionale des Pays de la Loire.

Le Barbarie, spécificité française

En France, près de 85 % de la production de canard de Barbarie est réalisée sur caillebotis, « car ce mode d'élevage facilite la gestion sanitaire des lots et permet une optimisation technique et économique ». Les élevages sur litière (paille ou copeau) sont bien moins nombreux (en Saône-et-Loire et en Maine-et-Loire principalement). « L'élevage sur paille bénéficie d'une image positive en termes de bien-être, mais la conduite du lot est plus difficile à gérer (litière rendue humide par les fientes, problèmes de râpage). Par ailleurs, se pose le problème de la disponibilité en intrants. En effet, la plupart des élevages se trouvent dans l'Ouest, déficitaire en paille. » L'orientation vers une production sur litière est donc accueillie avec beaucoup de réserve par les professionnels, sans parler des conditions de travail.
L'utilisation de la souche Barbarie est une spécificité française. Elle est appréciée pour son rendement et sa qualité de viande. Les autres pays producteurs (notamment la Chine, premier producteur, et l'Allemagne pour ce qui concerne l'Europe) utilisent la souche Pékin, qui s'élève plus facilement sur litière. « Dans ce contexte, a souligné Jean Champagne, il est important de renouveler ce type d'étude et d'apporter de nombreux éléments de bibliographie avant que ne sorte la directive sur le bien-être. En effet, les recommandations peuvent évoluer en fonction de nouvelles connaissances scientifiques disponibles. »

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2010

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