Grippe aviaire : l'UE satisfaite des mesures aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne mais vigilante

Grippe aviaire : l'UE satisfaite des mesures aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne mais vigilante

La Commission européenne s'est dite satisfaite lundi des mesures "adéquates" prises aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne après l'apparition de la grippe aviaire dans des élevages de volailles, tout en appelant à la vigilance en dépit du "faible" risque de transmission à l'homme.

Dans les deux cas, "les mesures prises par les autorités nationales sont adéquates" et "les protocoles ont été suivis" conformément aux règles européennes, a déclaré Enrico Brivio, le porte-parole de la Commission en charge de la Santé. Les autorités néerlandaises sont même "allées au delà" des mesures prévues, s'est-il félicité, relevant qu'il n'y avait pas "de signal d'exportations" de volailles en provenance de ce pays. La zone touchée, dans le centre du pays, "est peut-être la plus dense en Europe en matière d'élevage de volailles", a-t-il relevé.

Le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, qui réunit les experts vétérinaires nationaux des 28, doit se réunir jeudi pour faire le point sur l'évolution de la situation. Dans l'attente, la Commission a formellement endossé dans l'après-midi les dispositifs déployés par les deux pays, conformément aux procédures prévues en cas d'apparition de grippe aviaire. "Ces mesures incluent l'abattage des volailles dans les unités touchées, l'établissement de zones de protection et de surveillance, l'introduction de mesures sanitaires (nettoyage et désinfection) et l'interdiction de la vente des volailles et produits de volailles à d'autres pays de l'UE ou pays tiers", a notamment recensé l'exécutif européen dans un communiqué.

Les autorités néerlandaises ont pris les devants en décrétant dimanche une interdiction temporaire du transport de volailles, d'œufs et de fumier, après qu'une souche hautement pathogène de la grippe aviaire, H5N8, eut été détectée dans un élevage du centre du pays. Les quelque 150.000 poulets de l'exploitation où le virus a été signalé doivent aussi être abattus d'ici lundi soir. Cette variante, fatale pour les volailles, est susceptible de contaminer les humains en contact avec des oiseaux malades.

La faute aux cygnes?

La variante H5N8 était jusque-là cantonnée à l'Asie avant d'être détectée début du mois pour la première fois en Europe, en Allemagne. Un cas de grippe aviaire a aussi été détecté lundi dans un élevage de canards du nord de l'Angleterre, placé en quarantaine et dont les 6.000 oiseaux doivent être abattus. "L'enquête épidémiologique se poursuit, mais les informations disponibles indiquent qu'il s'agit probablement du même virus" que celui dépisté aux Pays-Bas et en Allemagne, a précisé la Commission. "Le fait que ces trois récentes épidémies se soient déclenchées près de zones humides accueillant des oiseaux migrateurs" désignent "des cygnes sauvages" comme probables propagateurs du virus, a-t-elle ajouté. "En conséquence, la Commission a demandé aux Etats membres d'intensifier" la surveillance de leurs élevages. Un expert européen avait auparavant estimé qu'au vu de la mise en cause de cygnes migrateurs actuellement en route vers le sud, l'apparition de foyers en France, Italie et Espagne, "ne serait pas une surprise".

Le Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a émis un “appel à la vigilance auprès des professionnels de l’élevage et de la chasse, des vétérinaires, de l’office national de la chasse et de la faune sauvage, de la fédération nationale des chasseurs et des services déconcentrés du ministère.“ Stéphane Le Foll à demander à ses services de  renforcer le dispositif de surveillance sur le territoire. Enfin, l’ANSES, agence d’évaluation des risques, a été saisie afin de connaître “l’évolution du risque en France et la dangerosité de la souche.“ Dans le cas où la maladie serait détectée sur le territoire national, le ministère activera le plan national d’intervention sanitaire d’urgence.

Le risque de transmission aux humains est "faible si tous les protocoles sanitaires de l'UE sont respectés", a rappelé la Commission, soulignant que les vétérinaires et exploitants, les plus exposés, disposaient de combinaisons pour se protéger. Mais l'impact économique pour les producteurs peut, lui, être "sévère" a rappelé la Commission, alors qu'une précédente épidémie avait durement affecté la filière volaille des Pays-Bas en 2003.

Source Ministère de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la Forêt

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