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Dispositif expérimental à la station Inra de Nouzilly.

Les poules nourries successivement en blé et en complémentaire produisent autant que celles disposant d’un mélange traditionnel en élevage, tout en consommant moins. (M. Umar Faruk)

Réussir Aviculture

04/11/11
Volailles / lapins

L’alimentation séquentielle est prometteuse en poule pondeuse

Nourrir des poules pondeuses en alternant blé et complémentaire permet de réduire l’indice de consommation, mais la technique est encore au stade expérimental.

L’image de la fermière jetant des grains de blé au milieu d’une basse-cour fait partie des clichés d’une aviculture dépassée… Mais l’était-elle tant que cela ? La démonstration de l’intérêt des céréales utilisées entières ayant été faite sur le poulet de chair, des chercheurs français se sont penchés sur le cas des poules pondeuses. Lorsque des céréales sont disponibles près des élevages, il paraît assez logique de vouloir économiser des coûts de transport et de transformation (environ 20 % du coût de production d’un aliment), tout comme réduire les coûts de production des œufs.


50 % de blé entier

Deux stratégies de distribution ont été envisagées : celle du mélange de grains entiers avec un aliment complémentaire plus riche en protéines, premix et minéraux, et celle de l’alimentation séquentielle. Dans ce cas, on distribue les céréales entières et le complémentaire à des heures différentes. L’intérêt du mode séquentiel est d’éviter le tri particulaire, les poules ayant tendance à picorer d’abord le blé dans un mélange. Par ailleurs, comme les enfants, elles ont besoin d’apprendre à connaître ce qu’elles avalent. Face à un aliment nouveau, elles boudent et « refusent » de se nourrir. Utiliser du blé entier nécessite donc une période d’apprentissage avec un taux d’incorporation progressivement croissant.
Passée la phase d’apprentissage, les chercheurs de l’Inra de Tours et de l’Itavi (UMT Bird) ont nourri « à la main » 235 poules Isabrown entre l’âge de 19 et 46 semaines, logées à cinq par cage. Chaque poule recevait 120 g d’aliment par jour, distribué en deux fois. Tandis que des poules témoins avaient un aliment classique, un second lot recevait un mélange blé-complémentaire en égale proportion et un troisième avait séparément le complémentaire (de 15 h 30 à 8 h 30 avec 8h de nuit) et le blé entier (entre 8 h 30 et 15 h 30), toujours distribués à part égale. Le calcium (carbonate en poudre) était incorporé au complémentaire.
Premier constat : en mode séquentiel, la quantité consommée est toujours inférieure (environ 109 g/poule sur la période), tandis que le témoin et le mélange se situent en moyenne à 115 g et 116 g. Les expérimentateurs soulignent que tout le blé du mélange est consommé. Les poules en mangent plus qu’en régime séquentiel où elles laissent entre 5 et 10 g de blé, mais avalent tout le complémentaire distribué. En termes de temps de consommation, le blé est très rapidement ingurgité, ce qui se traduit par une baisse du temps passé à manger (27 % du budget temps contre 35 % en mélange) avec des pics de consommation plus marqués en séquentiel.


Des essais en station concluants

En ce qui concerne les performances zootechniques, le taux de ponte et la masse d’œuf ne sont pas significativement différents selon le mode de distribution (55 g/jour en séquentiel et 53,6 g/jour en mélange). De ce fait, l’alimentation séquentielle améliore significativement l’indice de consommation durant les cinq mois des essais. Dans le mélange, l’IC est en moyenne de 2,21, avec 2,11 pour le témoin et 2,01 en mode séquentiel. L’essai a été réalisé deux fois avec les mêmes tendances de résultats.
Par contre, le poids des poules nourries en mode séquentiel est plus faible, avec un écart de près de 100 g. À 46 semaines, les poules en séquentiel pèsent 1 750 g. Les chercheurs se sont demandé pourquoi ces poules étaient plus légères. À l’autopsie, les poules en alimentation séquentielle possèdent deux fois moins de gras abdominal que leurs consœurs. Les chercheurs font l’hypothèse que ce qui est absorbé séparément est utilisé différemment. Les nutriments seraient aussi mieux digérés. Ce qui se traduit par un écart de 5 % d’efficacité alimentaire. Est-ce l’impact du plus fort développement du gésier (+ 20 % par rapport au régime témoin) ou de sécrétions digestives modifiées (taille du pancréas augmentée de 5 %) ? Étant plus légères, les poules ont aussi un moindre besoin d’entretien. La poule d’aujourd’hui est donc capable de mieux valoriser des nutriments (amidon, protéines, calcium…) consommés séparément, sans que cela affecte sa ponte.


Encore des interrogations

Les chercheurs soulignent que les quantités distribuées par aliment doivent être bien maîtrisées afin d’éviter une augmentation de la consommation. Avant l’application à grande échelle, d’autres questions devront être résolues : persistance des résultats jusqu’à la fin de la ponte, évolution du poids, risque de picage accentué pour des poules moins occupées à manger, et transposition au maïs. Les essais ultérieurs non publiés vont dans le bon sens.


Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Octobre 2011
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