La brume devient un outil du quotidien

Armelle Puybasset

La brume devient un outil du quotidien
- © A. Puybasset

Conçue pour rafraîchir les poulaillers de chair, la brumisation haute pression connaît des usages multiples, qu'il s'agisse d'améliorer l'ambiance à différentes phases d'élevage ou de faciliter le travail de l'éleveur.

Indispensable pour maîtriser l'ambiance lors des coups de chaleur, la brumisation fait depuis longtemps partie des équipements de base des poulaillers de chair en ventilation dynamique. Selon l'enquête avicole des chambres d'agriculture du Grand Ouest, le taux d'équipement en systèmes de refroidissement des bâtiments de plus de 900 m2 atteint 88%, dont 77% en brumisation haute pression. D'après les équipementiers, il approche 100% dans certaines régions (Pays de la Loire, Sud-Est) et certaines productions (poulet lourd). Même les bâtiments statiques ont fini par investir dans la brume haute pression, avec un taux d'équipement de 34%. Un choix en partie motivé par l'alourdissement des dindes au cours de ces dernières années.

Cela n'empêche que, chaque année lors de coups de chaleur, perdurent des cas d'étouffements dus à une brumisation inefficace, que cette dernière soit en panne ou mal paramétrée. D'où l'importance d'une bonne maintenance des équipements à réaliser dès ce début de printemps.

L'intérêt de la brume pour rafraîchir les poulaillers est connu depuis longtemps. Elle repose sur le principe du refroidissement par évaporation, grâce à l'échange de calories entre l'air extérieur entrant et l'eau pulvérisée par les buses. Le brouillard, sous forme de micro-gouttelettes d'une dizaine de microns, est capable d'humidifier l'air sans mouiller.

Depuis son essor suite à la canicule de 2003, la brumisation haute pression a connu peu d'évolutions technologiques. Pour autant, elle s'est adaptée aux nouvelles techniques de ventilation (rampes multiples dans les bâtiments à ventilation bilatérale-pignon, positionnement précis des buses devant chaque trappe...) et à l'alourdissement des animaux (grammes d'eau par m3 d'air supérieurs). Commandée par le boîtier de ventilation en fonction des paramètres d'ambiance, elle devient plus performante et précise, au point que les éleveurs n'hésitent plus à y avoir recours à des âges plus précoces, plutôt qu'uniquement en fin de lot. Et ceci, d'autant plus avec des souches alourdies, en poulet comme en dinde. « Avec l'évolution des concepts de ventilation, l'utilisation de la brume est devenue plus pointue », souligne un équipementier. « Son utilisation est moins bridée qu'auparavant. On est moins contraint d'attendre d'arriver au point de chauffe maximal pour la mettre en route. »

La brume connaît des usages de plus en plus variés. Elle contribue à assainir l'ambiance, qu'elle soit utilisée à partir d'eau seule (abattement de poussières) ou en pulvérisant des produits (masquant d'odeurs, aromathérapie, désinfectants d'ambiance...). Poussée à sa capacité maximale, la brume sert également à détremper les poulaillers avant leur lavage. Une technique qui permet d'économiser en temps de travail et en consommation d'eau.

Enfin, utilisée lors des trois premiers jours et justement dosée pour ne pas dégrader la litière ni les coussinets plantaires, la brume permet de relever le taux d'hygrométrie et d'optimiser le démarrage des poussins, en particulier sur des lots d'été. Une pratique notamment testée par des éleveurs du groupe Duc dans le cadre d'une démarche de démédication.

Source Réussir Aviculture

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