La France abat de plus en plus, mais perd son leadership européen au profit de la Pologne

La France abat de plus en plus, mais perd son leadership européen au profit de la Pologne

La France abat de plus en plus et sa balance commerciale continue de se détériorer.En 2015, avec une production estimée à 1,95 millions de tonnes, la Pologne devient le premier producteur de volailles de l’Union européenne, mettant fin à des décennies de domination française. Et la France achète de plus en plus de viande de volaille aux pays voisins. Pourtant, la filière française enregistre en 2015 des résultats honorables : poussés en premier lieu par la consommation intérieure, les abattages progressent de façon significative.

En 2015, les abattages français de volailles ont progressé en volume de 2,2 % par rapport à 2014, en particulier grâce au poulet (+ 5 %). En revanche, on enregistre une légère baisse (-0,8 %) pour le canard, un recul plus accentué pour la dinde (-4,6 %).

La consommation domestique de volaille de chair s’accroît de 1,7 % en 2015, principalement grâce au poulet (+ 3 %). Le canard progresse aussi (+ 2,5 %) et comme les années précédentes, la dinde subit la désaffection du consommateur français (-2,2 %)

En revanche, la dégradation de la balance commerciale française continue de s’accroître, en volumes et surtout en valeur : les importations en volaille de chair augmentent de 4,7 % en 2015, tandis que les exportations ne s’accroissent que de 0,8 %. Mais il convient de mesurer cette évolution à l’aune du dynamisme des filières dans les « nouveaux états-membres » (Pologne, Hongrie, Roumanie) qui représentent à eux seuls 80 % de la progression des volumes dans l’Union européenne en 2015.

Si le solde du commerce extérieur de viande de volaille reste légèrement positif, il est la résultante d’un volume croissant d’importations en provenance des pays de l’Union, principalement la Belgique, Pologne, Royaume-Uni, et d’un volume d’exportations vers les pays tiers, principalement composé de produits congelés, forcément plus fragile face à la concurrence des pays émergents.

L’heure est donc à la reconquête du marché intérieur – en particulier celui de la restauration hors foyer – pour réduire le recours aux importations intracommunautaires. Mais il faut aussi rappeler le dynamisme hors de l’Hexagone des industriels français de la volaille, à commencer par le leader, LDC, devenu fin 2014, par croissance externe, le numéro 3 de l’abattage de volaille en Pologne.

Voir tout le dossier :  http://etudes-economiques.credit-agricole.com/medias/Prisme13_avril2016.pdf

Source : PRISME - Agriculture et Agroalimentaire, une affaire d'experts - n° 13 - Avril 2016

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