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« La pénurie d’œufs est   exceptionnelle et durable » estime le président du Snipo

« À la différence des céréales, le prix des œufs résulte d’un manque physique d’offre et ne dépend pas du jeu de spéculateurs ». Crédit photo : A. Puybasset

Réussir Aviculture

12/04/12
Volailles / lapins

« La pénurie d’œufs est exceptionnelle et durable » estime le président du Snipo

Pour Philippe Domet*, président du syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo), la pénurie européenne sans précédent va durer, ce qui augure d’une grande fermeté des cours pour le reste de l’année.

Quel est le niveau actuel de la pénurie européenne d’œufs ?

Les industriels européens de l’industrie des ovoproduits se sont rencontrés le vendredi 9 mars à Bruxelles. La situation échappe à tout le monde. Le manque d’œufs produits en Europe est estimé à 8 - 10 %. C’est du jamais vu. Il resterait encore pas mal d’élevages hors normes dans certains pays, notamment en Italie, Espagne, Pologne. Le manque de clarté sur la situation italienne nous inquiète beaucoup. Des élevages vont encore s’arrêter et le manque d’œufs va sûrement durer toute l’année. Par contre, la demande reste stable. Nous ne nous attendons pas à une baisse des consommations des œufs coquille liées aux hausses de prix. En résumé, c’est la « panique » jusqu’à Pâques, avec peut être une détente ensuite.

La France est-elle dans la même situation ?

Nous n’avons pas de statistiques précises, mais il semble que nous allons retrouver rapidement un niveau convenable de production. Nous achevons la mise aux normes, et cela devrait se traduire par un retour à la normale progressif à partir de septembre. Le marché étant européen, les prix français resteront calés sur les cours européens même si notre production devient presque normale, disons à 97 % des besoins. Nous aurons donc du mal à retrouver un équilibre du marché avant la fin de l’année.

Pourquoi la profession n’a pas pu anticiper ce trou de production ?

L’erreur fondamentale de l’Union européenne tient au fait qu’elle a obligé les nouveaux élevages à passer à 750 cm2/poule au 1er janvier 2004, alors que les installations antérieures pouvaient rester à 550 cm2. D’où les investissements réalisés le plus tard possible. Il y a eu un creux d’investissements entre 2003 et 2010, même si certains ont commencé plus tôt. S’ajoute l’effet négatif d’une surproduction en 2010-2011 causée par les apports des nouveaux bâtiments aux normes, puis la crise financière qui a freiné les prêts bancaires. Tout cela aboutit au manque de 8 %.

Quel niveau de prix pourrait atteindre les œufs ?

Le prix est à deux fois le coût de revient. C’était inimaginable il y a quelques mois. Grimper à 3 euros me semble irréalisable, mais à 2,50 euros, pourquoi pas ? Dans notre métier, 3 % d’excédent entraîne une chute des prix à 50 % du coût de revient, qui est d’environ 1 euro le kilo. Dans les périodes de surproduction, des baisses d’effectifs peuvent être appliquées assez rapidement alors qu’en cas de sous production, l’inertie est beaucoup plus importante. Cette année, nous pourrions voir les prix se stabiliser à des niveaux élevés. Le retour à l’équilibre passera sans doute par une période de surproduction que j’entrevois pour Pâques 2013. Sauf si certains pays étalent leurs mises aux normes, comme l’Italie le fait sans l’accord de Bruxelles.

Quelles sont les conséquences sur vos débouchés ?

Les utilisateurs d’ovoproduits essaieront temporairement de réduire la part des œufs dans leurs fabrications. Ces prix très élevés suivent deux années de prix très bas, ce qui représente des écarts très importants. Nous nous sommes efforcés de communiquer sur cette situation de crise afin que leurs clients soit conscients de l’impact sur leurs fabrications.

Quels sont les impacts sur l’industrie de l’œuf ?

Tous les opérateurs sont exposés au manque de production et subissent de plein fouet la hausse de prix de matière première. On pourrait assister à des défauts de paiement ou à des ruptures de livraisons. Les entreprises qui exportent sur les pays tiers sont les plus touchées car elles subissent une concurrence déloyale.

* Philippe Domet, 53 ans,  assure la présidence du Snipo depuis 2008. Il dirige la Ferme du Pré à Éragny-sur-Epte dans l’Oise qu’il a créée en 1977 avec son frère et avec l’aide de son père agriculteur. Il est producteur (1,2 million de places) conditionneur d’œuf coquille Lustucru pour la GMS et transformateur (œufs liquides, pochés, durs).

Propos recueillis par Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Avril 2012
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