Le bâtiment à énergie positive se dessine

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Décembre 2012

Le bâtiment à énergie positive se  dessine
Une douzaine de bâtiments pilotes vont être suivis dont celui-ci, équipé d’une isolation renforcée en toiture et en sous-bassements , d’échangeurs de chaleur, d’un éclairage naturel… © A. Puybasset

Inspiré du label BBC pour les habitations, le concept de bâtiment d’élevage à basse consommation d’énergie a été défini. Un poulailler de chair BEBC du Grand Ouest consomme moins de 65 kWh/m2/an, moitié moins que les références.

Chiffres clés

• 65 kWh/m2/an : consommation d’énergie maximale d’un poulailler du Grand Ouest pour être considéré BEBC soit 45 % de moins que
la référence de 2009
• 80 % de la facture énergétique correspondent à la source d’énergie gaz (chauffage), 13 % à l’électricité (ventilation, éclairage) et 7 % au fioul (matériel motorisé, groupe électrogène).
• 1 kg de propane = 13,8 kWh
• 1 litre de fioul = 9,85 kWh

Un bâtiment qui produit davantage d’énergie qu’il n’en consomme : c’est la définition du « bâtiment d’élevage à énergie positive » ou BEBC+, qui fait l’objet d’un programme de recherche commun sur trois ans entre les filières avicoles, porcines et bovines. Cette démarche s’inspire du label BBC (bâtiment basse consommation) mis en place depuis 2007 pour les habitations. « L’enjeu est de proposer des solutions novatrices pour le renouvellement du parc de bâtiments vieillissant, en intégrant les économies d’énergie et en proposant de nouvelles sources de revenus », a précisé Michel Marcon, de l’Institut de la filière porcine à l’occasion du Space. La mise en œuvre d’un BEBC + passe par deux étapes : réaliser un bâtiment à basse consommation d’énergie (BEBC), puis compenser les consommations d’énergie par la production d’énergie renouvelable en lien avec le bâtiment d’élevage : chaudière à biomasse, panneaux photovoltaïques, éolien, méthanisation…

Un guide de fiches techniques publié en 2013

Démarré en janvier 2011, ce programme  a d’abord défini la notion de basse consommation pour un élevage. Elle est basée sur une obligation de moyens avec un seuil de consommation à ne pas dépasser. Pour les poulaillers de chair, il est fixé à 65 kWh/m2/an soit 45 % de moins que les références de consommations moyennes calculées à partir de l’enquête avicole de 2009. Elles englobent toutes les énergies directes facturées à l’exploitant (exprimées en kWh d’énergie finale) : gaz, électricité et fioul. Pour un poulailler chauffé au gaz, cela correspond grossièrement à une consommation de 3 à 3,5 kg/m2/an.
Pour tenir compte de la diversité climatique, le seuil est corrigé par un coefficient selon la situation géographique de l’élevage (coef. 1 dans l’Ouest, 1,2 dans le Nord et l’Est, 0,76 au Sud de la France). Les solutions techniques proposées par les partenaires du projet (instituts techniques, chambres d’agriculture, équipementiers) seront présentées dans un guide publié en 2013. Il s’agira aussi d’évaluer le surcoût et de définir les points clés de la rentabilité de ce type de bâtiment. En volailles de chair, une dizaine d’élevages pilotes sont suivis pour acquérir des références. « La démarche BEBC + représente une opportunité pour améliorer la conception et la performance de notre parc », souligne Gérard Amand de l’Itavi. « Elle montre aussi à la société l’implication des productions hors sol pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette démarche qui n’existe dans aucun autre pays européen doit être valorisée. »

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