Le beau potentiel de la filière gibier

COGEDIS FIDEOR

La filière gibier se réorganise pour promouvoir ses produits et percer le marché français. Portrait.

Avec une consommation qui se démocratise et une rentabilité attractive pour les éleveurs, la viande de gibier a une forte capacité de croissance sur le marché français. Il existe près de 10 000 parcs et élevages de gibiers en France qui se répartissent entre le gibier de venaison et celui pour la consommation humaine. Le premier est destiné au repeuplement et aux lâchers pour la chasse. Le second est commercialisé soit en vif, soit abattu et part dans les circuits de transformation.

Restructuration de la filière

Cependant, la consommation de viande de gibier reste anecdotique en France. Pourtant, l’Hexagone est le 1er pays européen au niveau du nombre de chasseurs et le 3e pour les surfaces de chasse. Ce produit souffre d’une réglementation contraignante et d’un déficit de notoriété. Avec 350 g de viande par an et par habitant, le gibier est avant tout consommé par la population des chasseurs et de leurs proches. Toutefois, sa consommation reste supérieure à la production de produits issus du gibier car les réglementations concernant l’élevage mais aussi l’abattage et la transformation sont particulièrement strictes. Ainsi, jusqu’en 2006, la législation interdisait toute vente de gibier hors des périodes de chasse. Pour faire face à leurs besoins, les transformateurs se sont tournés vers l’importation qui représente aujourd’hui 70 % du gibier consommé. Les viandes proviennent de l’Europe du Nord et de l’Est mais aussi d’Océanie pour les plus exotiques (autruche, bison). La filière a donc décidé se restructurer. Dotée d’une interprofession depuis 2009, Interprochasse, elle a également créé une marque, « Gibier de chasse – Chasseurs de France », garantissant la provenance du terroir et facilitant la traçabilité des produits. Car la filière a de nombreux atouts pour séduire le consommateur. Avec des viandes aux qualités nutritionnelles marquées, il existe un potentiel de croissance de bien réel sur le marché français.

Une production rentable

Destinées au marché de la viande comme au repeuplement des espaces de chasse, la production de gibiers est soumise à une réglementation aussi contraignante en amont qu’en aval. Les investissements sont lourds notamment lors de la pose de clôtures. La rentabilité peut différer d’une production à une autre à cause de disparités entre l’offre et la demande. Certaines connaissent des difficultés comme l’élevage de cervidés destiné essentiellement au marché de la viande. Avec l’évolution des circuits courts et du tourisme rural, cette production et la vente directe à la ferme se développent. Mais les industriels restent confrontés à une pénurie d’offre. L’importation massive de cette viande pèse donc sur les prix du marché. Autre exemple, la réduction des périodes de chasse de la perdrix entraine la saturation des marchés et la baisse des prix. Enfin, selon les productions de gibier, les disparités entre exploitations sont réelles comme en perdrix. A 70 € de moyenne, la marge nette par couple de perdrix variera en fonction de la taille de l’élevage. Cependant, si elle reste tout de même correcte pour la perdrix, elle peut aller jusqu’à 700 € par sanglier reproducteur pour deux heures de travail hebdomadaire. L’élevage de gibier peut donc devenir très rentable avec un investissement en temps de travail limité et est à même de séduire de nouveaux éleveurs.

Consommation de viande en France

Les Français consomment en moyenne 88 kg de viande par an et par habitant. La viande de gibier reste anecdotique par rapport aux autres :

  • Porc : 34 kg
  • Bœuf : 25 kg
  • Volaille : 24 kg
  • Cheval : 1 kg
  • Gibier : 0, 350 kg

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