Le groupe Doux se résigne à rechercher un repreneur

Arielle Verley, AFP

Le groupe Doux se résigne à rechercher un repreneur

Doux, ex-leader européen de la volaille, criblé de dettes, s'est résigné vendredi à être mis en vente, après l'échec d'un plan de redressement du groupe familial basé à Châteaulin (Finistère), dont la survie est cruciale pour préserver les milliers d'emplois de la filière.

"Nous cherchons une solution de reprise globale et coordonnée avec l'ensemble des acteurs de la filière, sous l'égide des pouvoirs publics", a déclaré Régis Valliot, administrateur judiciaire chargé du dossier depuis le 1er juin, date de la mise en redressement judiciaire du groupe.

"Au bout de trois semaines d'observation, on a fait le constat que la trésorerie est trop difficile et que l'on vit d'expédients (...) On ne va pas durer longtemps comme cela", a ajouté M. Valliot. Selon lui, une solution de sauvetage du groupe Doux,  doit être trouvée "au maximum pour la fin du mois de juillet".

Pour tenir d'ici là, un actif non stratégique, une usine d'aliments pour chiens, a été mis en vente pour un montant de 17 millions d'euros.

L'administrateur judiciaire estime que la solution de reprise "devra maintenir les activités, sauvegarder un maximum d'emplois et apurer le passif dans les meilleures proportions possibles". Plombé par une dette estimée à plus de 430 millions d'euros, le groupe fait pourtant l'objet de convoitises.

DUC, LDC ou Terrena sur les rangs ?

Plusieurs grands noms de l'agroalimentaire se sont d'ores et déjà déclarés.  Le groupe Duc a évoqué, quelques jours à peine après le dépôt de bilan de son concurrent, des "synergies" possibles "dans les mois à venir". D'autres opérateurs sont aussi sur les rangs. Dans son édition de samedi,  Le Monde cite la société cotée en Bourse LDC, connue pour sa marque Poulets de Loué, ou encore le groupe coopératif Terrena.

Dans ce dossier hautement politique, l'objectif est d'éviter tout démantèlement. Une solution envisagée serait que les candidats se rassemblent dans un consortium. "L'ensemble de la filière recherche une solution globale", souligne-t-on au ministère de l'Agriculture, où l'on ne veut pas entendre parler de vente à la découpe.

La crainte est que, si les seuls bons morceaux sont vendus, il y ait de la casse sociale. Avec 3.400 salariés, le groupe Doux est un acteur de poids dans les zones rurales. Sans compter les dizaines de milliers d'emplois induits.

Xavier Beulin optimiste

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé vendredi qu'il fallait rester "optimiste" à propos de Doux, en soulignant que ses difficultés tenaient avant tout au poids de la dette car le groupe est rentable à l'opérationnel. Le dirigeant du principal syndicat agricole veut aussi éviter le dépeçage de Doux et regarder de la manière "la plus collégiale et la plus française possible, la capacité de rebondir, parce que, malgré tout, c'est un groupe qui reste très important pour des régions entières, évidemment la Bretagne, les Pays de la Loire mais aussi le Centre et le nord de la France".

Les syndicats de l'entreprise ont été surpris vendredi par l'annonce de la mise en vente. La CFDT a fait part de ses craintes pour l'emploi, mais la CGT a affirmé qu'une cession était "faisable". Pour Michel Morin, vice-président PS de la région Bretagne qui suit le dossier, la mise en vente du groupe est "une très bonne nouvelle". C'est "une décision que nous appelions de nos voeux", a-t-il dit.

"Cela va permettre aux repreneurs potentiels de travailler à une proposition de reprise, car, jusqu'à maintenant, la situation était bloquée", a-t-il expliqué. "Il y a des gens intéressés par une cession globale", a-t-il ajouté.

Publié par Arielle Verley, AFP

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