Le maillon accouvage sensibilisé à l’antibiorésistance

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Décembre 2012

Le maillon accouvage sensibilisé  à l’antibiorésistance
La résistance aux C3G est l’une des plus préoccupantes car il s’agit de l’antibiotique d’avant-dernier recours utilisé en médecine humaine pour traiter les maladies nosocomiales. © P. Le Douarin

« Lancé il y a tout juste un an, l’objectif du plan Ecoantibio est de réduire la contribution des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire à la résistance bactérienne, avec un effort particulier porté sur certaines molécules critiques telles que les C3G-C4G(1) et les fluoroquinolones », a rappelé Olivier Debaere, de la DGAL. La résistance aux C3G est l’une des plus préoccupantes car il s’agit de l’antibiotique d’avant-dernier recours utilisé en médecine humaine pour traiter les maladies nosocomiales. « En Gallus, le nombre de souches coli résistantes au Ceftiofur a fortement augmenté à partir de l’année 2008 pour atteindre 23 % de résistance en 2010 (rapport Résapath), 2,5 % en dindes et 7 % en porcs », indique Gilles Salvat, directeur de la santé animale de l’Anses.
Les données de 2011 qui viennent d’être publiées montrent une légère baisse de cette proportion pour l’espèce poules/poulets et le porc. C’est probablement l’effet des actions mises en place par les professionnels (moratoire en porc, sensibilisation en lapin et volailles) pour réduire l’utilisation des molécules critiques.
L’impact de l’utilisation des C3G dans les couvoirs sur la prévalence de souches d’E. Coli résistants à cette famille d’antibiotiques a fait l’objet d’une récente étude de l’Anses. « Le maillon accouvage a depuis longtemps mis en place une utilisation raisonnée des antibiotiques, grâce aux mesures de biosécurité et à des programmes vaccinaux sophistiqués », rappelle Louis Perrault, nouveau président du SNA. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut une reconnaissance internationale de son statut sanitaire. »

Une étude en couvoirs sur les lots traités ou non

« Le renforcement du plan de prophylaxie vaccinal (autovaccin colibacille, variants BI…) a induit un surcoût de 62 %, soit 1,3 euro par poule contre 0,8 euro pour un plan classique », illustre Dominique Perrot, directeur du couvoir éponyme.
Le maillon accouvage se dit prêt à poursuivre les efforts engagés pour mieux maîtriser l’utilisation d’antibiotiques. Il souhaite néanmoins que les décisions relatives à leur usage tiennent compte du contexte international. L’harmonisation des règles entre pays est d’autant plus cruciale pour cette filière qui exporte 80 % de ses volumes au niveau sélection et 10 % au niveau multiplication.

(1) Céphalosporines de 3e et 4e générations.

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