Le raisonnement d'un choix d'éclairage à leds doit « prendre en compte l’environnement et le domaine d’application »

Propos recueillis par Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Janvier-Février 2012

Le raisonnement d'un choix d'éclairage à leds doit « prendre en compte l’environnement et le domaine d’application »
Jérôme Fourot : « On peut faire ce qu’on veut avec les leds, à condition de savoir ce qu’on veut faire. » DR

En éclairages à leds, quatre points sont essentiels à connaître, selon Jérôme Fourot, de la société Novaday(1), qui développe des solutions adaptées à des usages spécifiques de clients variés. Avis d’un expert éclairagiste.

Pour en savoir plus

Le raisonnement d'un choix d'éclairage à leds doit « prendre en compte l’environnement et le domaine d’application »

Voir dossier de Réussir Aviculture de janvier-février 2012. R. Aviculture n°173, p. 8 à 16.

1 - Les leds sont techniquement au point

« Compte tenu des investissements considérables, des exigences qualitatives et des processus de fabrication, le nombre de fabricants capables de produire des leds dont la fiabilité ne se discute pas, est très faible dans le monde. Ce sont notamment les Cree, Philips Lumileds, Osram, Nichia, Toshiba, Sharp. Et puis existent certains chinois de niveau technique très douteux et surtout peu chers. La technologie de conception et de fabrication des semi-conducteurs est au point. Les structures cristallines sont connues et stables. Les progrès portent essentiellement sur leur taille grandissante, donc sur leur puissance d’émission de lumière et sur leur efficacité. Par ailleurs, ces sociétés reconnues possèdent des modèles fiables de prédiction de la durée de vie suivant les conditions d’utilisation, évaluée à partir de quelques milliers d’heures de fonctionnement. Connaître le nom du fabricant de la led permet de faire un premier tri dans les produits proposés. »

2 - Les systèmes d’intégration sont primordiaux

« Le système d’intégration est l’équivalent du châssis pour une Formule 1, avec la led représentant le moteur. Il peut être plus ou moins performant. Dans ce domaine, les intégrateurs se comptent par milliers et sont le plus souvent chinois. Avec une même origine de led, le résultat final peut considérablement varier en fonction du choix des matériaux (qualité de l’aluminium, résistance à la corrosion,  système d’échanges thermiques, plastique, verre…), des options techniques prises (par exemple moins de leds » boostées « avec des courants plus élevés plutôt que plus de leds avec un courant moins fort). Le moteur led poussé à fond perd de la puissance très vite et ne répond plus aux exigences d’éclairement. À ce niveau, il faut se demander qui a conçu et qui garantit une intégration dans les règles de l’art. Une mauvaise intégration est un moyen de baisser les coûts de production. »

3 - Le type d’intégration dépend de l’environnement

« Il n’existe pas de produit led à tout faire. Où et comment va-t-il fonctionner ? Un produit conçu pour 25 °C avec des leds suralimentées perdra très rapidement sa puissance éclairante s’il fait 50 °C. De plus, s’il y a des poussières, des risques de corrosion chimiques ou de l’humidité, le produit va rapidement montrer ses limites. Il faudra surdimensionner le système de refroidissement pour assurer un fonctionnement optimal et certainement changer quelques matériaux. Si l’éclairage s’éteint ou est réduit, le produit led se transforme en un superbe aspirateur à humidité et poussière (dont on sait que l’électronique raffole…).
Une garantie de longue durée ne diminue pas le risque pour l’acheteur, cela le tranquillise. Un très mauvais produit va tomber en panne dans les premiers mois d’utilisation. Un produit moyen, ou qui n’est pas adapté, continuera de fonctionner, mais va se dégrader jusqu’à ne plus éclairer assez et la couleur va changer considérablement. Dans ce cas, la garantie ne s’applique pas. »

4 - Savoir ce qu’on attend de l’éclairage led

« La technologie digitale des semi-conducteurs luminescents ouvre de nouveaux champs d’application pour l’éclairage. Avant, on subissait les conséquences des contraintes technologiques des sources lumineuses. Désormais, en combinant des leds émettant sous différentes longueurs d’onde, on pourra créer des éclairages adaptés aux usages, avec des intensités et des spectres lumineux spécifiques : pour les écoles, pour les hôpitaux, pour les bureaux, pour les volailles. À condition de savoir ce qui est bien pour eux ou elles. Reste la question du prix. Dans les dix ans à venir, le coût de l’émission de lumière va baisser très vite, mais pourquoi attendre ?
La vraie question, c’est celle du retour sur investissement compte tenu des économies réalisées. Il peut varier du simple au triple suivant le choix du fournisseur, du canal d’achat (fabricant, revendeur importateur), de la solution choisie, du temps d’éclairement. Deux ans de retour sur investissement sont aujourd’hui possibles. »

(1) Ingénieur et associé-actionnaire de Novaday, il travaille dans l’éclairage depuis 25 ans, notamment chez Philips (directeur d’usines puis directeur Europe recherche-développement luminaires professionnels).

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