Le renouveau des circuits courts

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Novembre 2012

Le renouveau  des circuits courts
La formule des points de vente collectifs (comme ici celui de « la Meuhh ! », à Parcieux dans l’Ain) s’est déployée sur tout le territoire. © L. Mouquet

Stimulées par le retour à l’achat de proximité, de nouvelles formes de vente en circuit court se développent. Elles représentent une opportunité pour des éleveurs de volailles à croissance lente en recherche de diversification.

Pour en savoir plus

Le renouveau  des circuits courts

Voir dossier de Réussir Aviculture de Novembre 2012. R. Aviculture n°181, p.12 à 21.

Quand on parle de « circuit court », on pense d’abord à la vente à la ferme ou sur les marchés. Ce terme, qui désigne l’ensemble des systèmes de vente entre producteurs et consommateurs avec, au maximum, un intermédiaire, cache en réalité une multitude de voies de commercialisation. Une vingtaine ont été recensées dont certaines sont innovantes, qu’il s’agisse de vente directe ou indirecte.

Le circuit court, qui existe pourtant depuis longtemps, s’est véritablement développé à partir des années 2000, à la suite de crises sanitaires et économiques. Il prend aujourd’hui un nouvel essor sous de nouvelles formes pour s’adapter à l’évolution des attentes du consommateur de produits « fermiers ». En plus de la recherche de terroir et de réassurance sur l’origine et le mode de production grâce au lien direct avec le producteur, ce consommateur devient plus sensible aux produits de proximité qui favorisent l’économie locale ou qui limitent l’impact sur l’environnement (moins de transport). Ses pratiques d’achat et de consommation changent également : moins de temps disponible pour faire les achats (développement du drive-in, des points de vente collectifs) et pour cuisiner (plats préparés, portions plus petites).

Le contexte politique encourage également le développement des circuits de proximité, définis par la vente au sein de la région de production. Suite au Grenelle de l’environnement, le gouvernement a mis en place en 2009 un plan d’actions en faveur du développement des circuits courts (plan Barnier). Pour faire acte d’exemplarité de l’Etat, les collectivités publiques telles que les administrations ou les cantines sont tenues d’introduire dans leurs menus 20 % de produits biologiques et 20 % de produits locaux et saisonniers.

De fait, la restauration collective représente un gisement intéressant pour les producteurs en filière courte, mais il n’est pas facile à aborder : difficultés à identifier les décisionnaires, exigences réglementaires, forte variabilité des commandes, surcoût du produit de 20 à 30 %, demande en produits découpés…
Il existe encore peu de données statistiques sur l’importance des filières courtes. D’après une étude Xerfi, les ventes alimentaires en circuits courts ont totalisé 2,5 milliards d’euros en 2010, soit 1,5 % de la consommation.

Après l’émergence, l’heure est à la structuration des nouveaux circuits de vente

Selon le recensement agricole de 2010, un agriculteur sur cinq vend au moins une partie de sa production en circuit court. En volaille (œufs compris), cette part représente 9 % des exploitations françaises.

La volaille est historiquement très présente sur les circuits de vente à la ferme et sur les marchés. Cette forme de commercialisation courante est aussi contraignante : de plus en plus de concurrence, temps de préparation et de présence, clientèle plus âgée. Les producteurs ont tendance à multiplier les circuits de vente pour se diversifier. Ils sont parfois complémentaires avec les circuits longs (productions biologiques, AOC ou label rouge, par exemple).
Pour gagner du temps, développer des volumes et répondre à des commandes variables ou tout simplement pour être moins isolés, des producteurs cherchent à se regrouper. La formule des points de vente collectifs, qui a démarré dans la région Rhône-Alpes en 1978, s’est aujourd’hui étendue sur tout le territoire. Le nombre de ces magasins tenus par plusieurs producteurs est estimé à 200.

La démarche, d’abord individuelle, devient collective

La vente en « paniers » s’est développée ces dernières années face à la demande de consommateurs urbains pour des produits de proximité, qu’ils soient biologiques ou conventionnels. La démarche est portée par des collectifs de producteurs ou par des associations de consommateurs, comme les Amap. La volaille et les œufs y ont toute leur place. Ils font partie des « produits d’appel » pour les ventes en paniers, avec les légumes, le pain et les produits laitiers.
Internet également devient un outil indispensable pour les producteurs, d’abord pour communiquer (site vitrine), pour commander sur des sites de multi-producteurs, voire même pour acheter en ligne et être livré à domicile.

Après l’émergence de ces réseaux de commercialisation, l’enjeu est maintenant de rendre durable ces initiatives. Cela passe par un accompagnement des producteurs pour structurer l’offre en cohérence avec la demande grandissante. Plusieurs programmes de recherche ont démarré pour caractériser les circuits courts, comme Locaterre ou Liproco. Il s’agit aussi de clarifier l’offre pour éviter les dérives de ce marché porteur, grâce notamment à la mise en place de chartes, à l’exemple de la récente initiative des Pays de la Loire. Cette charte régionale proposée aux opérateurs précise les critères sur les produits et les engagements à respecter, tout en appuyant les démarches.

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