Les sols en béton gagnent du terrain en bâtiment d'élevage de volailles de chair

Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Mars 2012

Les sols en béton gagnent du terrain en bâtiment d'élevage de volailles de chair
Réaliser un sol en béton n’est pas à la portée de tous, surtout avec plusieurs centaines de mètres carrés à préparer. Le recours à un dallagiste spécialisé est fortement recommandé. © P. Le Douarin

Des éleveurs de volailles de chair bétonnent leurs sols de poulaillers ou font du bâtiment neuf avec dalle, pour gagner du temps et pour améliorer leurs conditions de travail.

Pour en savoir plus

Les sols en béton gagnent du terrain en bâtiment d'élevage de volailles de chair

Voir dossier de Réussir Aviculture de mars 2012. RA n°174, p. 10 à 19.

Les aviculteurs français sont quasiment les seuls en Europe à élever encore majoritairement des volailles de chair sur terre battue. L’enquête avicole 2010-2011 des chambres d’agriculture de l’Ouest ne comptabilisait que 8 % des lots de poulets et dindes standards élevés sur dalle. L’enquête d’Agreste de 2008 confirme cette indication, avec 11 % des superficies et 18 % du nombre de poulaillers, ceux dallés étant en moyenne de plus petite taille. Cette exception française est-elle justifiée ?
Techniquement, dans le passé, la question du béton ne se posait pas en volailles de chair, à de rares exceptions près… Sous l’égide du groupement Trieux-Unicopa, une éphémère vague de béton a touché la Bretagne à la fin des années 1990. Depuis, plus rien… À notre connaissance, les organisations de production n’ont pas réalisé de comparaisons techniques poussées entre terre battue et béton. Sans doute parce qu’il est difficile de faire la différence. Sur cet aspect, la littérature scientifique est également déficiente. Une étude brésilienne, publiée en 2011(1), le souligne bien. Ses essais ne montrent pas de différences zootechniques sur le vif, si ce n’est une mortalité supérieure avec la terre battue. Notons que les expérimentateurs ont employé dix centimètres de copeaux de bois avec les deux supports. Or, les éleveurs sur dalle réduisent l’épaisseur afin d’éviter les condensations et les accumulations d’eau dans la litière.
Aujourd’hui, il ne fait plus de doute qu’un sol bétonné se conduit différemment. Un béton ne pardonne pas les fuites d’eau ou les erreurs de sous-ventilation, alors qu’un sol en terre battue absorbe l’humidité excédentaire, mais peut aussi attirer l’eau extérieure si les abords sont mal drainés.
Faute d’investigations scientifiques et techniques, il reste des points à éclaircir : quel impact réel sur les coûts de chauffage, sachant que dans l’immensité des cas le béton n’est pas isolé (surcoût et mise en œuvre) et qu’il faut le mettre en température ; quel effet sur le bien-être des oiseaux (confort au repos, dureté, température et humidité du support) et sur la qualité des carcasses (ampoules, dermatites, griffures…).

« Le ‘plus’ réside dans le gain de temps, la facilité du travail, l’efficacité de la décontamination, l’image des conditions d’élevage »

Un des intérêts majeurs du béton provient de sa facilité à permettre une décontamination poussée. Avec une terre battue, des matières organiques subsistent, tout comme des insectes et d’autres organismes (bactéries, virus, toxines). À l’avenir, les instances de certifications internationales pèseront sans doute pour imposer le béton. En France, l’argument majeur contre le béton est le coût d’investissement, jugé trop élevé pour être rentable. Comment font nos voisins ? Sur le long terme, le béton s’amortit par les économies de charges d’exploitation.
Notre contexte technique, sanitaire, économique et social a changé. Le parc français vieillit, ainsi que ses éleveurs. La compétitivité recule. Le respect du bien-être de souches de plus en plus lourdes et performantes prend de l’importance (lésions aux pattes, tenue des aplombs). Trouver de la paille de qualité à un prix correct devient difficile et recharger en litière devient de plus en plus pesant. La taille des élevages augmente. Les éleveurs sont plus demandeurs de meilleures conditions de travail, plus conscients du confort des oiseaux et soucieux de la biosécurité. Daller un sol va dans le bon sens, même si cela ne va pas encore de soi.

(1) Brazilian journal of poultry science, Avril-juin 2011, vol 13 – n° 2 p. 127-137.

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