Maladies : Bientôt un arrêté pour gérer le botulisme

Pascal Le Douarin

Le botulisme est classé dans la liste des maladies réputées contagieuses. Il va prochainement être l'objet de mesures de police sanitaire.

La réglementation sur le botulisme est récente. C'est en 2006 que cette maladie a fait son apparition sur la liste des maladies réputées contagieuses pour les volailles de rente et le gibier à plumes(1). Ainsi, le vétérinaire qui détecte un cas dans un élevage doit en faire part à la direction départementale des services vétérinaires. Mais jusqu'à présent aucun texte ne précisait comment devait être géré concrètement un cas de botulisme. D'où des différences de gestion des cas dans les différentes directions départementales des services vétérinaires.

L'arrêté de police sanitaire, en cours d'élaboration depuis plus d'un an, est sur le point de sortir. Il a deux objectifs : empêcher l'entrée de volailles présentant des signes cliniques (donc porteurs de toxines) dans la chaîne alimentaire et encourager les bonnes pratiques sanitaires qui endigueront la diffusion de C. botulinim sous toutes ses formes. La direction générale de l'alimentation (DGAL) a présenté le projet aux professionnels le 16 septembre dernier, puis au comité consultatif pour la santé animale (CCSPA) le 25 septembre. Ensuite, l'Afssa doit donner son avis et l'arrêté pourra paraître.

Même dispositif que l'influenza aviaire

Selon nos informations, la procédure prévue suit un schéma proche de celui adopté pour la gestion d'un foyer d'influenza aviaire : suspicion par le vétérinaire, alerte de la DDSV, arrêté de mise sous surveillance (APMS) avec mesures de séquestration, analyses pour infirmer ou confirmer, déclaration d'infection (APDI), mesures sanitaires. Selon les types de toxines détectées, les volailles suivront deux voies : abattage et commercialisation en frais en cas de présence des toxines C ou D, ou bien euthanasie en élevage en cas de détection des toxines A, B, E ou en cas d'absence de typage avec la présence de signes cliniques. Il s'agit d'interdire l'entrée de toxines pathogènes pour l'homme dans la chaîne alimentaire.

Aucun délai entre la fin des symptômes et l'abattage n'apparaît, laissant la priorité au diagnostic du vétérinaire sanitaire lors de la visite finale réalisée dans les 48 heures précédant l'abattage. Par ailleurs, l'unité de production pourrait être une portion de bâtiment ce qui permettrait une plus grande souplesse de gestion des animaux. En cas d'euthanasie, cet arrêté ne prévoit pas les modalités financières d'indemnisations car elles sont déjà mentionnées dans un arrêté du 30 mars 2001. Les frais d'analyses et de visites des vétérinaires sanitaires seraient également pris en charge. Pour les lots non euthanasiés, les mortalités et autres surcoûts restera à la charge de la filière.

Pour en savoir plus :

Voir dossier de Réussir Aviculture d'Octobre 2008. (RA n°140, p. 10 à 21)


(1) Note de service DGAL/SDSPA/N2006-8064. Pour les oiseaux sauvages et les bovins, le
botulisme est à déclaration obligatoire.

Source Réussir Aviculture Octobre 2008

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