Maladies : Le regain du botulisme reste encore inexpliqué

Pascal Le Douarin

Botulisme. Dans les services commerciaux et qualité des entreprises agroalimentaires du
secteur viande, ce mot inquiète. Pour eux, botulisme est synonyme de consommateurs
gravement malades, de rappel de produits et de retrait des rayons, de médiatisation contre-
productive. Dans le secteur avicole français, deux événements de ce type se sont produits
l'année passée. Il s'agissait de produits élaborés pasteurisés et conservés sous vide, qui
contenaient des produits de volaille (du foie gras ou de la viande de poulet), mais aussi
d'autres ingrédients d'origine végétale.
Dans les deux cas, la cause n'était pas d'origine aviaire : problème de préparation
industrielle ou erreur de conservation après l'achat.




Le botulisme reste un tabou : ses causes sont mal connues, il est médiatiquement gênant et les éleveurs culpabilisent. (DR)

Le botulisme reste un tabou : ses causes sont mal connues, il est médiatiquement gênant et les éleveurs culpabilisent. (DR)

Alors pourquoi cette extrême sensibilité quand il s'agit d'aborder le botulisme aviaire ?

D'abord et essentiellement par méconnaissance et par crainte. Le botulisme est rare, donc
peu vulgarisé. L'opinion ignore qu'il existe plusieurs toxines responsables des mêmes
maux. Et que ces toxines sont un indicateur de la source probable de contamination. D'où la
crainte de lien direct entre volaille et botulisme. Pour les vétérinaires et les groupements, la
discrétion est de mise. La recrudescence observée depuis l'automne 2006 reste aussi
imprévue qu'inexpliquée. Imprévue car la multiplication des cas, leur large extension
géographique et la multiplicité des espèces et des productions touchées a surpris, comme
l'expose Rozenn Souillard de l'Afssa de Ploufragan. Jusqu'il y a deux ans, il était admis que
si un élevage avait du botulisme, c'était majoritairement la faute de l'éleveur ou de l'élevage :
mauvaise gestion des cadavres, sol contaminé par des spores via des cadavres
décomposés dans la litière, proximité d'un étang… D'où le sentiment de culpabilité des
éleveurs réticents à témoigner. Puis, les nombreux cas dans des élevages sanitairement
bien conduits et performants, ont fait voler en éclats cette seule explication. À ce stade des
(mé) connaissances, nul éleveur n'est à l'abri.

D'abord et essentiellement par méconnaissance et par crainte. Le botulisme est rare, donc
peu vulgarisé. L'opinion ignore qu'il existe plusieurs toxines responsables des mêmes
maux. Et que ces toxines sont un indicateur de la source probable de contamination. D'où la
crainte de lien direct entre volaille et botulisme. Pour les vétérinaires et les groupements, la
discrétion est de mise. La recrudescence observée depuis l'automne 2006 reste aussi
imprévue qu'inexpliquée. Imprévue car la multiplication des cas, leur large extension
géographique et la multiplicité des espèces et des productions touchées a surpris, comme
l'expose Rozenn Souillard de l'Afssa de Ploufragan. Jusqu'il y a deux ans, il était admis que
si un élevage avait du botulisme, c'était majoritairement la faute de l'éleveur ou de l'élevage :
mauvaise gestion des cadavres, sol contaminé par des spores via des cadavres
décomposés dans la litière, proximité d'un étang… D'où le sentiment de culpabilité des
éleveurs réticents à témoigner. Puis, les nombreux cas dans des élevages sanitairement
bien conduits et performants, ont fait voler en éclats cette seule explication. À ce stade des
(mé) connaissances, nul éleveur n'est à l'abri.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture d'Octobre 2008. (RA n°140, p. 10 à 21)

Source Réussir Aviculture Octobre 2008

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