Partage de la valeur ajoutée : Les éleveurs chair attendent un effort des intégrateurs

Pascal Le Douarin

Dés le début de l'année prochaine les représentants des éleveurs devraient aller frapper à la porte de leurs donneurs d'ordre pour réclamer des hausses de rémunérations.

Comparativement aux autres productions, l'aviculture chair va moins mal, mais nous ne sommes toujours pas dans les objectifs de rémunération « estime Jean-Michel Choquet, éleveur syndiqué du Morbihan. Il s'appuie sur les derniers chiffres de la 28e enquête avicole établie sur la période 2008-2009 par les chambres d'agriculture.
Malgré une nette remontée des marges ces trois dernières années, le compte n'y est toujours pas. En euros courants, sur l'ensemble poulet-dinde le solde disponible — égal à ce qui reste avant impôts et MSA — est passé de 14,30 euros/m2/an en 1990-1991 à 10,30 euros pour 2008-2009. À ses yeux, « le minimum serait de pouvoir prélever 10 euros/m2/an sachant qu'une UTH c'est environ 2 400 m2 et presque 500 000 euros d'investissement ». L'amélioration relative de la conjoncture, avec le maintien de la consommation et la baisse des matières premières, devrait d'abord profiter aux éleveurs avant d'aller dans la poche des GMS, estime encore l'éleveur.

Concrètement, en se basant sur les données de l'enquête, l'antenne Ouest de la CFA a calculé l'ajustement nécessaire pour atteindre l'objectif de deux Smic pour 2400 m2, selon qu'il s'agisse d'un poulailler rénové ou neuf. En rénové, la demande de revalorisation oscille entre 6,1 euros la tonne de vif (poulet export) et 54 euros en dinde, le poulet standard se situant à 31,1 euros. En neuf, elle est de 47,6 euros la tonne en poulet export, 73,7 euros en poulet standard, 122,7 euros en dinde et 173,5 euros par tonne en canard.

Investir dans un poulailler ne permet toujours pas de dégager un revenu décent, estime la dernière mouture de l'enquête avicole. (P. Le Douarin)

Investir dans un poulailler ne permet toujours pas de dégager un revenu décent, estime la dernière mouture de l'enquête avicole. (P. Le Douarin)

 

Craintes sur le parc breton

Ces données vont être détaillées aux éleveurs de différents groupements avant qu'ils aillent frapper à la porte de leurs partenaires. « C'est une nécessité si les abatteurs, notamment bretons, veulent être encore là demain. » La plus grande crainte, c'est l'hémorragie des surfaces. « Il faut redonner confiance à 30 ou 40 % des éleveurs proches de la retraite et découragés, afin qu'ils continuent et entretiennent leurs outils pour que ceux-ci soient transmissibles à des jeunes dans des conditions acceptables » estime Didier Goubil, élu du Finistère.
Pour la région Pays de la Loire, à cause de la crise laitière, Jacky Bachelot de la Mayenne semble plus optimiste. L'application de la directive bien-être du poulet en juin 2010 est l'autre sujet d'inquiétude à court terme. « Pourvu que nous ne vivions pas un scénario comme celui de la dinde » conclut Jean-Michel Choquet.

Source Réussir Aviculture Décembre 2009

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