Pesage : Peson automatique, un outil à redécouvrir

Hervé Dumuis

Les systèmes de pesée automatisée améliorent la précision de la mesure du poids et des annonces à l'abattoir. Ils donnent aussi des indications quotidiennes permettant d'affiner le suivi du lot.

La précision des pesées en volaille de chair est déterminante, surtout pour celles qui servent à annoncer le poids aux abattoirs. Ces derniers doivent répondre aux exigences de calibres de leurs clients aval, sous peine de voir la valeur de leur marchandise revue à la baisse ou simplement refusée. Très souvent, les abattoirs mettent en place un système de bonus-malus pour inciter les éleveurs à être plus précis. Ces derniers peuvent ainsi percevoir un bonus de 200 euros ou en perdre 670 sur une surface de 1200 m2, selon que leur annonce corresponde plus ou moins au poids réellement abattu.
Pour faire une pesée manuelle avec une précision à 70 grammes en poulet de chair, l'Itavi conseille de peser 150 animaux par pesée en 18 points du bâtiment. Chiffres qui grimpent à 360 pour une précision à 50 grammes et à 800 pour une précision à 30 grammes.
Ceci n'étant pas envisageable en pratique, les pesons automatiques, qui peuvent peser jusqu'à 1200 animaux par jour, devraient être prioritaires. Or, ils ne représentent que 5 % à 10 % du marché.

Les utilisateurs de pesons automatiques sont unanimement satisfaits. (H. Dumuis)

Les utilisateurs de pesons automatiques sont unanimement satisfaits. (H. Dumuis)

Véritables outils de suivi de lot

Plusieurs reproches sont faits aux pesons automatiques. Leur prix est jugé trop élevé. Il faut compter de 1200 à 5000 euros, selon les options retenues, pour équiper un poulailler alors que les premiers pesons manuels se trouvent à moins de 20 euros dans certains magasins d'articles de pêche.
Le manque de fiabilité des premiers pesons automatiques pénalise encore les fournisseurs actuels. Selon Jean-Louis Burdeau, concepteur du peson automatique Avicontrol, « la recherche unique d'un poids ralentit le développement du marché ».
Pour Jean-François Olivier, technicien volailles chez Sanders, « la représentativité de l'échantillonnage pose problème dans les élevages à forte densité où les animaux se déplacent peu en fin de lot. »

Pourtant, les éleveurs utilisateurs de pesons automatiques sont unanimement satisfaits et, contrairement aux non-utilisateurs, ils ne considèrent plus ces équipements comme de simples indicateurs de poids, mais comme de véritables outils de suivi de lot. Les organisations de production sont également demandeuses de pesons automatiques répondant à la problématique d'annonce de poids de leurs éleveurs et l'antenne vendéenne du groupe Doux, basé à Chantonnay, teste actuellement un système de transmission directe à l'abattoir des poids en élevage.
Enfin, les techniciens, mais aussi les nutritionnistes souhaiteraient que les élevages soient davantage équipés en pesons automatiques, ce qui leur permettrait d'optimiser leurs conseils ou leurs formules aux objectifs technico-économiques des éleveurs et des organisations de production.

Les utilisateurs doivent s'adapter

Les fournisseurs de pesons automatiques sont frustrés par le marché français. Convaincus de la fiabilité de leurs pesons, ils ne comprennent pas toujours la frilosité des acheteurs. Certains fournisseurs finissent par se désintéresser du marché. D'autres estiment que les exigences des abattoirs vont pousser les éleveurs à s'équiper, mais que le marché ne se développera que si l'installation en pesons automatiques est assortie d'un suivi après-vente. Tous sont unanimes : « es utilisateurs doivent s'adapter au matériel et apprendre à utiliser l'ensemble de ses fonctions ». Quelques fournisseurs regardent vers le marché export, selon eux plus porteur. Les sociétés Opticon et Weltech, leaders du marché des pesons automatiques respectivement en Hollande et en Angleterre, concèdent que « la France n'est pas en retard, mais que les pays les plus dynamiques qui investissent dans des élevages neufs, comme l'Allemagne et le Danemark, se dotent plus facilement de pesons automatiques. »
En clair, les pesons automatiques pâtissent d'une image dégradée associée à un prix jugé trop élevé dans un marché de la volaille en crise dont les investissements sont plus que jamais rationalisés. Handicaps à surpasser si il veut s'imposer !

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de septembre 2009. (R. Aviculture n°149, p. 36 à 46).

Source Réussir Aviculture Septembre 2009

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