Phytothérapie : Les huiles essentielles contre les troubles digestifs des volailles

Hervé Dumuis

Pour convaincre les industriels d'utiliser les huiles essentielles dans la lutte contre les troubles digestifs des volailles, la société Phytosynthèse se base sur la phytothérapie titrée.

Dans les filières volailles, dont les exigences de résultats sont toujours plus grandes et où tous les paramètres d'élevage (génétique, alimentation, etc.) sont orientés vers la performance maximale, les extraits de plantes, dont les huiles essentielles, pourraient avoir une place dans la prévention des troubles digestifs, notamment depuis l'interdiction des antibiotiques facteurs de croissance.
Pour Thierry Picaud, fondateur de la société clermontoise Phytosynthèse, spécialiste de la fabrication d'additifs alimentaires d'origine naturelle, cela ne fait aucun doute. « La phytothérapie a sa place dans la sphère industrielle. Les actifs végétaux ouvrent des horizons inestimés. Ne pas s'en servir, c'est se fermer des portes ! », a-t-il déclaré devant la centaine de scientifiques et de techniciens réunis lors du séminaire annuel de l'entreprise, du 21 au 25 octobre dernier.

Actifs végétaux

Les huiles essentielles sont issues de principes actifs végétaux produits par les plantes dans des structures histologiques spécialisées (cellules, poils, canaux sécréteurs) pour leur permettre, entre autres, de se défendre contre les bactéries et les virus. La spécialité de la société Phytosynthèse est d'extraire ces principes actifs par distillation afin de les incorporer dans l'aliment des volailles en remplacement ou en complément des composés chimiques, dont l'utilisation tend à être remise en cause par les dispositions réglementaires européennes successives. Selon des essais réalisés par la société, en collaboration avec ses partenaires, les huiles essentielles préviendraient les troubles digestifs en limitant les pouvoir invasifs et infectieux des coccidies et des parasites, et en inhibant le développement de la membrane cytoplasmique indispensable à la survie des bactéries.

Phytothérapie titrée

Comme l'a souligné François Recoquillay, vétérinaire et directeur du pôle recherche et développement de Phytosynthèse, « l'utilisation des huiles essentielles exige un niveau de connaissance élevé et une démarche scientifique très élaborée afin de proposer des solutions aux industriels, notamment des concentrations minimum inhibitrices opérationnelles ».
Par exemple, selon la bibliographie scientifique, l'huile essentielle de cannelle inhibe C. perfringens à partir d'une concentration de 25 microgrammes/ml ou campylobacter à partir de 125 microgrammes/ml. Or, selon François Recoquillay, « une fois le principe actif détecté et testé, il est important d'en déterminer la variabilité en fonction des plantes. C'est la principale difficulté, sachant que plus de 17 000 espèces aromatiques existent et que les molécules sont présentes dans tous les organes de la plante à des concentrations différentes ». C'est ainsi que la société Phytosynthèse a misé sur la phytothérapie titrée, une méthode scientifique qui consiste à maîtriser avec précision la variabilité inhérente au monde végétal, en standardisant les valeurs des produits finis. « L'analytique permet de caractériser les principes actifs végétaux et d'ajuster la formulation pour garantir aux industriels une concentration constante en principes actifs », explique François Recoquillay. De quoi convaincre les plus réticents de faire confiance aux huiles essentielles.

 

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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