Pister les petits prédateurs pour mieux les étudier

Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Juin 2012

Pister les petits prédateurs pour mieux les étudier
Martre prise au piège lors d’une étude précédente en volailles de Bresse. © ONCFS

En AOC volailles de Bresse. Une étude des petits mammifères prédateurs carnivores vient de démarrer. Pour mieux les connaître et peut-être limiter leurs dégâts à terme.

Depuis avril dernier, Cur-ciat–Dongalon, dans l’Ain, est devenu l’épicentre d’une étude scientifique triennale(1). Elle vise à quantifier les prédateurs des volailles de Bresse (renard, martre et fouine) et à qualifier leurs agissements sur différents parcours. La zone retenue comprend 37 élevages situés dans un rayon de 10 km (350 km2). Les « indésirables » seront comptés, piégés, équipés de colliers GPS, relâchés, photographiés pour mieux comprendre leur comportement nocturne à proximité des élevages. Les cadavres de poulets seront analysés pour identifier les prédateurs responsables. Les chercheurs et le comité des volailles de Bresse (CIVB) espèrent faire participer les éleveurs à cette étude « pour une meilleure coexistence des activités d’élevage et de la faune sauvage ».

Certaines haies pourraient faciliter l’accès des prédateurs aux poulaillers

Pour Sébastien Devillard, le responsable scientifique, une des questions est de savoir quels éléments internes et externes au parcours favorisent la prédation. Les facteurs internes concernent les pratiques (heures d’ouverture/fermeture des trappes, surveillance de l’éleveur…), les caractéristiques de l’élevage (bâtiment, trappes, clôture, végétation, abris). Les éléments externes sont l’environnement du parcours, de quelques mètres à plusieurs dizaines ou centaines de mètres : continuité entre végétation du parcours et celle externe, distance à la forêt, aux habitations, aux routes, cultures avoisinantes… Des bosquets sont-ils préférables à des haies continues « où les prédateurs se déplaceraient comme un poisson dans l’eau », comme l’imagine Sophie Lubac, de l’Itavi ? Dans des zones sensibles, à forte pression de carnivores, certaines formes de haies en bordure de parcours pourraient faciliter l’accès des prédateurs aux poulaillers. « Pour le moment nous ne le savons pas », indique Sébastien Devillard. Réponse dans trois ans.

(1) Financée par le programme Diva du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et menée conjointement par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, l’université de Lyon-CNRS et l’Itavi.

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