Pour Pierre Buffo, « circuits courts et filières longues sont complémentaires »

Propos recueillis par Xavier Cresp - Réussir Aviculture Novembre 2012

Pour Pierre Buffo, « circuits courts et filières longues sont complémentaires »
Pierre Buffo : « Un dialogue doit nécessairement s’instaurer entre les différents acteurs des deux filières pour éviter qu’ils se concurrencent. » © X. Cresp

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Pour Pierre Buffo, « circuits courts et filières longues sont complémentaires »

Voir dossier de Réussir Aviculture de novembre. R. Aviculture n°181, p. 12 à 21.

Pierre Buffo est consultant pour les filières agroalimentaires dans le domaine de la commercialisation et ancien directeur des volailles fermières du Gers (Avigers).

. Les filières courtes et longues sont-elles concurrentes ?

Les deux sont indispensables sur un même territoire et répondent à une véritable demande. Ces modes de commercialisation se complètent et doivent coexister. La filière longue, structurée au sein des groupements coopératifs ou de sociétés indépendantes, assure l’interface entre les producteurs et les centrales d’achats. Le circuit de proximité, ou circuit court, traduit une demande différente, issue d’une clientèle adoptant un comportement « environnementaliste » et jouant sur la notion de « territoire ». Je les appelle souvent « des locavores ». L’acte d’achat se fera sur la qualité du produit et son origine. Le plaisir passe avant le prix, si l’écart reste raisonnable.

. Vous parlez de territoire. A-t-il une limite ?

Non, si l’on parle de dynamiser les zones rurales, de donner une image valorisante pour promouvoir les produits, de fidéliser une nouvelle clientèle, de créer de nouveaux marchés. Mais attention à ne pas mélanger les zones de concurrence : fournir une grande surface locale n’est pas un circuit de proximité et organiser la vente sur les marchés n’est pas du ressort des filières longues.

. Comment s’organise la coexistence entre ces deux circuits ?

Concernant les filières longues, la loi des marchés et des centrales d’achat a conduit les producteurs à s’organiser. Tout reste à faire pour les circuits de proximité. Nombre de producteurs
se sont déjà réunis pour vendre leurs produits de terroirs, soit à la ferme, soit en extérieur (marchés, sites internet, circuits locaux de distribution…).
Mais il n’existe pas de réelle fédération autour d’un projet commun. Et pour cause, le producteur qui réussit son circuit court devient un commerçant
et veut rester maître de « sa filière ».

. Et l’avenir ?

Comme pour les filières longues, les circuits courts devront s’unir pour créer des synergies, se spécialiser, identifier leurs points faibles et se donner des « obligations de performances ». La filière courte doit passer du stade artisanal à celui de vraie professionnelle et se doter de moyens de communication et de promotion qui dépassent forcément le stade individuel.

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