Prospective : Sombres perspectives pour la filière chair

P. le Douarin

« Fournir un outil d'aide à la décision pour l'orientation de la recherche et définir des stratégies collectives d'actions pour la filière française. » Tel était l'objectif de la démarche prospective engagée par l'Inra et l'Itavi depuis deux ans, avec l'aide d'un groupe d'experts de la profession. Leurs conclusions ont été rendues publiques le 20 octobre, lors d'un colloque organisé à Tours. Quatre scénarios d'évolution ont été bâtis à partir de la combinaison d'une quarantaine de facteurs classés en quatre catégories : les politiques publiques (internationales, européennes, nationales), le comportement des consommateurs et des citoyens, les stratégies des opérateurs de la filière et les innovations.

Facteurs immaîtrisables

À l'horizon 2025, l'évolution des politiques publiques, pourtant prépondérante, semble difficilement prévisible. Quant au comportement des consommateurs, il pourrait suivre la voie de la recherche du prix bas ou celles d'autres critères d'achat (bien-être animal, origine locale, durabilité…) selon le contexte économique.
Les seuls facteurs vraiment maîtrisables restent les stratégies des décideurs. Seront-ils en mesure de résister à la main-mise d'opérateurs étrangers ? Cette éventualité privilégiant le « minerai » importé moins cher pourrait avoir un impact très négatif sur la production hexagonale. À l'inverse, s'ils résistent bien, le maintien de la production dépendra de leur capacité à regagner de la compétitivité et à valoriser l'origine France.

Au mieux le maintien

Des quatre scénarios bâtis, le pire est celui d'une France « happée par la mondialisation » avec une chute de la production de 600 000 tonnes équivalent carcasse. Toujours dans la mouvance libérale, mais avec des règles européennes plus protectionnistes, le scénario « la poule dans le pré » qui privilégie les produits de haute qualité se traduit par un recul de 200 000 tonnes.
Enfin, les deux scénarios « de rupture » présument, l'un très protectionniste que la France restera un pilier européen fort (scénario « le coq européen »), l'autre guidé par recherche des prix bas que les échanges internationaux seront limités (scénario « la poule au pot »). Dans ces deux cas, la production reculerait moins. « En réalité, c'est le contexte qui nous fera évoluer vers l'un ou l'autre des scénarios, résumait Yves Trégaro, économiste à FranceAgriMer. À nous de lutter pour que le schéma le plus favorable se mette en place. »

Source Réussir Aviculture Novembre 2009

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