Protection croisée des poules : Les Vaccins existants sont efficaces contre les virus variants de la bronchite infectieuse

Pascal Le Douarin

Fournisseur de vaccins aviaires, le laboratoire Merial a fait le point sur la protection vaccinale croisée vis-à-vis de la bronchite infectieuse chez la poule pondeuse.

Maladie aux impacts économiques importants pour les productions de l'espèce Gallus (poulet et poule), la bronchite infectieuse (BI) est très répandue dans le Monde. Contrairement à sa dénomination, cette maladie d'origine virale atteint aussi d'autres organes que les voies respiratoires, selon les souches à l'oeuvre : l'appareil urinaire et l'appareil génital. Des vaccins existent, mais de nouvelles souches de coronavirus apparaissent, du fait d'une aptitude importante du virus à muter et à engendrer des formes stables dans le temps. C'est ce qui s'est passé à partir de 2004-2005 avec la réapparition de poules « fausses pondeuses » dans le Nord de l'Europe. Cette nouvelle forme est provoquée par un coronavirus « variant » dénommé QX ou D388. Selon une étude de l'Université de Liverpool menée sur 2002-2006, en France le variant QX représentait 12 % des virus retrouvés sur des lots à problème, sachant que tous les virus sauvages et vaccinaux ont été comptabilisés.

Variant QX bien présent

La question que se posent vétérinaires et éleveurs est donc de savoir si les vaccins disponibles et les programmes de vaccination usuels ont la capacité de protéger leurs oiseaux. Fin octobre à Rennes, par la voix de Francesco Prandini, directeur technique pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), le laboratoire Merial a répondu à certaines interrogations de ses clients vétérinaires. Un premier élément de réponse consiste à vérifier si les nouveaux virus mutants sont plus ou moins « cousins » des virus connus. Les nouvelles méthodes de biologie moléculaire, reposant sur le séquençage génétique, montrent le degré de correspondances génétiques entre virus. Au-delà de 10 % de différences sur le gène codant pour la protéine S1, on considère qu'on a affaire à un virus « variant ». C'est bien le cas du variant QX, venu de Chine, via le Nord de l'Europe.
Le second élément est de savoir s'il faut mettre au point un nouveau vaccin (sachant que, selon Francesco Prandini, le délai de développement est d'au moins cinq ans) ou bien continuer à employer les vaccins déjà existants. Merial a choisi de poursuivre avec ses vaccins actuels. Preuves à l'appui. Le laboratoire a réalisé une étude expérimentale avec le service de santé animale de Deventer aux Pays-Bas. Celle-ci a été présentée en juin 2009 lors d'un symposium international en Allemagne. Des poulettes ont été vaccinées avec les différents vaccins Merial (Bioral H120, Gallivac IB88, Gallimune 407)(1) et mises en contact massif avec des virus classiques (M41), un variant connu (793 B) et le nouveau variant (QX).

 

Protection croisée contre QX

Trois paramètres ont été suivis : la sérologie (anticorps sanguins), le test de ciliostase (activité des cils de la trachée) et l'immuno-péroxydase dans les reins et l'utérus (signant la présence des virus dans ces organes). Quels que soient les virus éprouvés, la primo-vaccination (avec 1 Bioral H120 à 1 jour (J1) et 2 Gallivac (J28 et J70) apporte une protection longue, même si la réponse est plus basse contre QX que contre M41 et 793 B. L'effet de relance de l'immunité (effet « booster ») avec le vaccin inactivé Gallimune 407, appliqué à 15 semaines, est mis en évidence par la sérologie et par le test de ciliostase. Cinq jours après l'inoculation du virus QX, le taux de sujets négatifs à la péroxydase (absence de virus) dans les reins passe de 20 % (sans vaccin inactivé) à 70 % (avec inactivé). Après huit jours, le taux passe de 70 à 80 %. Dans l'utérus, la protection est totale sans ou avec le vaccin inactivé. Par conséquent, les vétérinaires et techniciens de terrain peuvent être rassurés.

(1) Bioral H120 : vaccin vivant de type Massachusetts (souche de référence). Gallivac IB88 : vaccin vivant de type 793 B (variant). Gallimune 407 : vaccin inactivé de type Massachusetts.

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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