Protection de la santé publique : Les oeufs sont mis en cause dans 31 % des Tiac à salmonelles

Armelle Puybasset

Les oeufs et les ovoproduits sont toujours à l'origine d'une part importante des toxi-infections liées aux salmonelles. D'où l'intérêt de déceler au plus vite les troupeaux de pondeuses contaminés.

Les salmonelles restent la cause majoritaire de toxi-infections alimentaires collectives
(Tiac)*. Selon les données de l'Institut de veille sanitaire (InVS), 64 % des foyers de Tiac à
agent identifié et apparus en France entre 1996 et 2005 étaient dus à Salmonella.
Staphylocoque aureus arrive en deuxième position, loin derrière. Cela dit, il est très
probable que la responsabilité des autres agents soit sous-estimée, notamment celle de
Campylobacter. Les infections à salmonelles ont une symptomatologie marquée et donnent
plus fréquemment lieu à une consultation médicale. Les Tiac liées à cet agent sont donc
mieux diagnostiquées et mieux déclarées. C'est moins le cas des infections à
Campylobacter, par exemple, qui sont à l'origine de la plupart des troubles diarrhéiques.
En 2006, selon la Direction générale de l'alimentation (DGAL), 41,6 % des Tiac à
salmonelles étaient liées au sérotype enteritidis (Se) et 16,6 % au sérotype typhimurium
(St). Salmonella infantis (Si) arrive en troisième position avec 4 % des Tiac à salmonelles.
Concernant les Tiac à Se, les oeufs et les produits à base d'oeufs sont les aliments les plus
souvent incriminés (61 % des cas). C'est également le cas pour St, mais dans une moindre
mesure puisqu'ils sont mis en cause dans 43 % des Tiac à St (22 % pour le lait et les
produits laitiers, 8 % pour la viande de volaille).





Selon les données du CNRS et de l'Institut de veille sanitaire, le nombre de cas isolés de
salmonelloses déclarés (TIA) est passé de près de 13 000 cas en 2000 à 9500 en 2006. «
Ces chiffres sont très probablement loin de la réalité puisque près de la moitié des cas de
salmonelloses ne font pas l'objet d'analyses poussées et ne sont donc pas répertoriés,
soulignait Sylvie Francart, de la DGAL, lors de l'assemblée générale de l'UGPVB en
décembre 2007. On estime à 35 000 le nombre de cas de salmonelloses par an. » Mais la
tendance à la baisse est bien réelle. Elle est surtout liée à la diminution de salmonelloses
liées au sérotype enteritidis (4656 TIA en 2000 et 2641 cas en 2006). Preuve que la
politique de lutte mise en place dans les troupeaux de reproducteurs et dans les élevages
de poules pondeuses a porté ses fruits. Cela dit, Se et St restent de loin les premiers
sérotypes mis en cause dans les cas de salmonelloses isolés.

Les oeufs et les produits d'oeufs sont mis en cause dans 61 % des toxi-infections alimentaires collectives liées à Salmonella enteritidis. (A. Puybasset)

Les oeufs et les produits d'oeufs sont mis en cause dans 61 % des toxi-infections alimentaires collectives liées à Salmonella enteritidis. (A. Puybasset)

 

Pourquoi renforcer le plan de lutte ?

Le nombre de confirmations d'infections par Se dans les élevages de poules pondeuses a
diminué en 2006. Selon le ministère de l'Agriculture, 81 cas ont été confirmés positifs l'année
dernière contre 104 en 2006. « Un peu plus de la moitié seulement des troupeaux positifs
vis-à-vis de Se sont détectés lors du dépistage obligatoire », détaille Sylvie Francart, de la
DGAL. « Le reste est détecté à l'occasion des contrôles supplémentaires des DDSV ou lors
de Tiac (13 % des cas au moment du bilan intermédiaire, fin novembre). Ces accidents ne
devraient pas se produire », souligne-t-elle.
La France n'est donc pas encore arrivée au bout de ses efforts sanitaires, d'autant plus
que le taux de prévalence Se + St estimé en 2005 à 8 % devra baisser de 10 % chaque
année. Le nouveau dispositif de lutte devrait permettre de gagner les derniers pourcents,
souvent les plus durs à obtenir. Pour Gilles Salvat, certains aspects peuvent encore être
améliorés, notamment dans la charte sanitaire, dans le contrôle des poulettes (d'où
l'augmentation des contrôles en élevage) ou lors du transport des animaux ou des oeufs.
Par ailleurs, le programme introduit une nouvelle stratégie de lutte puisqu'il autorise la
vaccination des poulettes avec un vaccin vivant sous certaines conditions bien cadrées.



 

 

* Tiac : Un foyer de Toxi-infection alimentaire collective est défini par la survenue d'au moins
deux cas similaires d'une symptomatologie, en général gastro-intestinale, dont on peut
rapporter la cause à une même origine alimentaire. Les Tiac sont à déclaration obligatoire
depuis 1987.
TIA : Toxi-infection alimentaire — cas individuel.

Source Réussir Aviculture Mai 2008

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