Recherche en sélection génomique : Le projet « UtOpIGe » a démarré

Pascal Le Douarin

Avec un financement d'un million d'euros, un programme de recherche sur la faisabilité d'une sélection génomique démarre en Bretagne.

« Alors que la sélection génomique à grande échelle a déjà pris son envol dans le secteur bovin laitier, elle reste encore à l'état embryonnaire dans les secteurs des monogastriques (porc et volaille) », constate Pascale Leroy, chercheuse en génétique à l'Inra Rennes. Néanmoins, des initiatives privées ont sans doute été lancées dans le monde par les sélectionneurs avicoles et porcins. Des chercheurs français de quatre laboratoires Inra (Rennes, Toulouse, Jouy-en-Josas, Le Rheu), des institutionnels (Ifip et Sysaaf) et des sélectionneurs (Bioporc et Novogen) ont décidé de collaborer pour avancer sur la sélection génomique des Monogastriques. Il s'agit de préparer le terrain d'une méthodologie adaptée aux systèmes de croisement largement utilisés en porc et volaille, contrairement aux bovins sélectionnés en race pure. Le porc va être travaillé sur les aspects croissance tandis que la poule le sera sur la partie reproduction.

1500 coqs génotypés

Le principe de la sélection génomique consiste à trier les individus en fonction d'un certain profil de marqueurs génétiques portés par leur ADN. Une prise de sang et une puce à ADN sont nécessaires pour dresser la liste des SNP (c'est le génotypage) et trier les candidats. Au préalable, il est nécessaire de trouver les liaisons entre les marqueurs et les performances recherchées. En résumé, il faut bâtir un tableau de correspondance. C'est ce travail que va réaliser le projet UtOpIGe durant quatre années. « Avant d'en arriver là, nous voulons savoir si on va trier les individus de lignées pures à partir des tableaux construits sur les oiseaux croisés ou sur les oiseaux purs », explique la chercheuse. Pratiquement, 1500 coqs Novogen vont être génotypés avec une puce à ADN de 700 000 SNP. Les performances zootechniques de 10 soeurs et de 80 filles par coq vont être mesurées dans les conditions du terrain pour ensuite réaliser les correspondances avec les marqueurs. Les chercheurs ont ajouté une difficulté supplémentaire : les poules filles sont nourries avec un aliment basse énergie (type Inde) ou haute énergie (type USA). Ils veulent savoir si le milieu d'élevage peut avoir une influence sur l'expression génétique donc sur la sélection : la poule tout terrain existe t-elle ou bien faut-il sélectionner plusieurs types génétiques de poules aptes à pondre dans différentes conditions ? Trois générations successives de 500 coqs vont être génotypées et leurs filles et leurs soeurs testées. Début mai, les 40 000 premières filles ont été mises en place dans deux élevages bretons pour un cycle de ponte complet. « D'ici moins de 15 ans, la sélection génomique permettra de sélectionner des individus sur des caractères difficiles à mesurer, comme les résistances à des maladies, la fertilité ou encore l'efficacité alimentaire », conclut Pascale Leroy. La sélection génomique opérationnelle est pour très bientôt.

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2011

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