Recherche : Le pou rouge n'est pas disséminé par les oiseaux sauvages

Armelle Puybasset

De récents travaux montrent que les oiseaux sauvages ne sont pas responsables de la dissémination dans les élevages de poules pondeuses de Dermanyssus gallinae.

Les oiseaux sauvages sont porteurs de poux mais il s'agit dans la majorité des cas d'espèces différentes de celles qui parasitent les élevages français, et dans les rares cas où l'on rencontre la même espèce, il ne s'agit pas des mêmes populations(1) », explique Lise Roy, du laboratoire de parasitologie et maladies parasitaires de l'École nationale vétérinaire de Lyon (VetAgro Sup).
Cette chercheuse s'intéresse depuis plusieurs années aux voies de dissémination des populations de Dermanyssus gallinae et à mieux comprendre les conditions écologiques favorables à leur développement. « Les éleveurs de poules pondeuses plein-air se demandaient souvent si les oiseaux sauvages, et notamment les mésanges qui viennent parfois picorer près des poules, n'étaient pas la source de l'infestation de leur bâtiment. Nous avons donc installé des nichoirs pour mésanges sur les parcours et prélevé les acariens des nids. » Les acariens retrouvés dans ces nids n'appartiennent pas à D. gallinae, mais à D. carpathicus. Un seul acarien parmi les centaines présentes dans les nids appartenait à D. gallinae, et ses caractéristiques génétiques montrent qu'il provenait précisément de l'élevage de poules près duquel le nichoir avait été placé (sur le parcours à 2,5 m du bâtiment).

Les éleveurs de poules plein-air s'interrogeaient parfois sur le rôle des oiseaux sauvages dans la dissémination des poux, voie désormais écartée. (P. Le Douarin)

Les éleveurs de poules plein-air s'interrogeaient parfois sur le rôle des oiseaux sauvages dans la dissémination des poux, voie désormais écartée. (P. Le Douarin)

Transfert par véhicules

Les autres populations de D. gallinae échantillonnées dans la faune sauvage ne présentent pas du tout les mêmes caractéristiques génétiques. Cette voie de dissémination désormais écartée, le laboratoire de recherche se tourne maintenant vers le rôle des échanges commerciaux.
« Les ‘actions humaines' jouent un rôle important dans la transmission des poux. Quelles sont-elles précisément et quelles sont les préconisations à prendre vis-à-vis de l'éleveur, des techniciens et de toute personne rentrant dans les bâtiments, vis-à-vis du transfert des poulettes, des cages ou de réformes et des techniques d'élevage ? »
Des travaux basés sur l'analyse de certaines portions d'ADN des acariens sont en cours, en vue de répondre à ces questions. Pour l'instant, il apparaît que les transferts par le biais des véhicules motorisés est avéré. Il reste encore à déterminer par quels moyens précis les poux transitent entre l'élevage et le camion (cages, personnel…). Par ailleurs, une partie de l'étude a permis de constater qu'une population de D. gallinae passe sans difficulté le vide sanitaire.

(1) Deux espèces différentes ne peuvent pas se reproduire entre elles (pas de croisement possible). Les populations d'une même espèce peuvent se reproduire entre elles, mais si elles ne le font pas depuis longtemps, des caractéristiques génétiques apparaissent et permettent de les différencier sur la base d'analyses d'ADN.

Source Réussir Aviculture Mars 2010

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