Station poulets et dindes de : Recherche expérimentale en conditions terrain

Armelle Puybasset

Station poulets et dindes de : Recherche expérimentale en conditions terrain
Les poussins sont élevés dans des parquets dans un bâtiment conventionnel au coeur d'une zone de production avicole. (A. Puybasset)

Depuis 2004, la station recherche de la firme-services Provimi France située en Vendée réalise des essais nutritionnels en partenariat avec un éleveur de volailles.

La station de recherche poulets et dindes de la firme-services Provimi se trouve à la sortie de Cugand, un bourg situé à la limite des départements de Loire-Atlantique et de Vendée. Au détour d'un chemin, on entre dans ce qui ressemble à une exploitation avicole des plus classiques. C'est logique ! Nous sommes chez Christian Delavaud, éleveur de volailles de chair depuis près de 30 ans. Deux de ses quatre bâtiments de 1000 m2 ont été « transformés » en station expérimentale, le premier en 2004 ; le second en 2010. Un contrat de partenariat lie la firme-services et l'éleveur, qui est rémunéré pour la surveillance et les mesures. « Ce type de station, unique en France, permet de réaliser des essais nutritionnels dans un bâtiment conventionnel situé au coeur d'une zone de production avicole, à moindre coût et tout en gardant une puissance expérimentale élevée », souligne Michel Richet, directeur du service volaille de Provimi. « En effet, le coefficient de variation du dispositif expérimental est inférieur à 3 %, ce qui signifie que des écarts de 2 à 3 points d'indice de consommation entre deux traitements sont statistiquement significatifs (1,75 contre 1,77). »

Des pesées régulières

Chaque bâtiment fonctionnant en ventilation statique, compte 48 parquets, ce qui permet de tester jusqu'à six aliments différents avec 8 répétitions. Les cases sont réparties en deux doubles rangées jusqu'aux deux tiers de la longueur. À l'extrémité, se trouve une zone d'élevage de 350 m2 avec litière paillée et chaîne d'alimentation aérienne. « L'objectif est de créer un environnement proche d'un élevage classique », explique Alain Corniaux, en charge du suivi scientifique de la station. « On ne cherche pas à exprimer le potentiel maximal de l'animal, mais à se rapprocher le plus possible des conditions du terrain : contexte sanitaire, densité, durée des vides sanitaires… » Les essais sont essentiellement réalisés sur les espèces poulet et dinde, occasionnellement en pintade, et à l'avenir en canard de chair.

Avant d'être répartis par 90 dans les parquets d'environ 5 m2, les poussins sont sexés et pesés individuellement pour éviter tout biais. Deux autres pesées sont réalisées en cours de lot, puis à l'abattage vers 36 à 38 jours (6 à 7 essais par an). Les dindonneaux, répartis par 25 et élevés jusqu'à 120 jours, sont pesés sept fois en cours de lot. En plus des mesures traditionnelles (poids, IC, GMQ), il est également possible de mesurer la qualité de la litière, la qualité de carcasse, le rendement à l'abattoir ou encore la consommation d'eau par traitement. « Chacun des six circuits d'eau est relié à un compteur, explique Christian Delavaud. Les débits sont enregistrés automatiquement via le boîtier Ecotouch (Tuffigo). » Le planning des mises en place est fait en concertation avec Val'iance, l'organisation de production de l'éleveur. Ce dernier emploie trois salariés et une secrétaire à mi-temps et fait appel à du personnel extérieur pour les pesées des volailles et de l'aliment réalisées à chaque transition alimentaire (soit huit personnes au total).

Besoins adaptés à l'objectif zootechnique

Les axes de recherche engagés depuis 2010 portent sur les besoins énergétiques et minéraux (calcium et phosphore en dinde, par exemple), sur l'intérêt nutritionnel de nouvelles matières premières (drêches, argiles) ou encore sur l'effet d'additifs (produits alternatifs aux antibiotiques, enzymes récemment autorisées telles que les protéases et cellulases). Pour l'espèce poulet où l'évolution génétique est rapide, les besoins spécifiques des différentes souches sont régulièrement évalués. « Les essais visent à mieux connaître les besoins nutritionnels pour produire à moindre coût selon un objectif zootechnique donné (poids, âge, espèce) », résume Alain Corniaux. Certains thèmes de recherche réalisés à la station de Cugand correspondent aux besoins spécifiques du marché français. D'autres répondent à des thématiques communes au groupe Provimi. C'est le cas des travaux sur les pododermatites, sur les antioxydants, l'indice glycémique et l'utilisation d'amidon et sur le développement des mesures en Proche Infra Rouge (NIR), dont les applications semblent prometteuses.

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