ufs de consommation : L'élevage en cage se concentre le plein air se maintient

Pascal Le Douarin

Les résultats de l'enquête Aviculture 2008 réalisée en 2009 sur les exploitations d'oeufs de consommation viennent de paraître. Les dynamiques d'évolution différent selon le mode d'élevage.

En 2008, le maillon production de la filière oeufs de consommation comptait 1700 exploitations pour une capacité totale de 43 millions de poules en production. Presque quatre exploitations sur dix détenaient des cages qui pesaient pour un peu plus de 80 % des capacités totales (35,2 millions), le reste (7,8 millions) étant détenu par des exploitations alternatives plein air (bâtiments avec parcours) ou sol (bâtiment sans cage ni parcours). Les caractéristiques d'évolution diffèrent selon le mode d'élevage.

Les nouveaux poulaillers alternatifs sont plus grands. La capacité moyenne a augmenté de 18 % en quatre ans pour s'établir à 6570 places. (P. Le Douarin)

Les nouveaux poulaillers alternatifs sont plus grands. La capacité moyenne a augmenté de 18 % en quatre ans pour s'établir à 6570 places. (P. Le Douarin)

Les élevages en cage se concentrent

Les élevages de poules en cage grossissent et se déconcentrent géographiquement.
La Bretagne représente encore 48 % des exploitations (312 fermes) et 47 % des capacités (16,6 millions de places), loin devant Rhône-Alpes (9 % des fermes et des places) et les Pays de la Loire (8 % des capacités). La comparaison avec l'enquête de 2004 montre une érosion nationale d'environ 30 % des exploitations, mais globalement le recul du nombre de places n'est que de 4 % (environ 1,5 million). Les regroupements d'ateliers et les nouveaux bâtiments de plus grande taille compensent en partie les arrêts d'élevage, ce qui expliquerait la hausse de 35 % de la capacité moyenne par exploitation (54 000 places).
Dans ce contexte de baisse, les régions historiques de production ont le plus reculé (environ 2,6 millions de places perdues). « On peut supposer que c'est au profit d'exploitations de grande taille situées près des zones de consommation ou de production des matières premières, mais l'analyse des données ne permet pas de l'affirmer » souligne Cécile Riffard, du service économique de l'Itavi qui a interprété les données.
C'est en région Pays de la Loire que la dynamique d'évolution a été la meilleure. La capacité totale y progresse de 3,3 % et la taille par exploitation augmente d'environ 50 %, avec une moyenne à presque 69 000 places.
Dans les autres régions historiques, la réduction du nombre de fermes se traduit par une baisse de capacité globale : environ 2 millions de places perdues en Bretagne (- 12 %) environ - 0,35 million en Rhône-Alpes (- 12 %), environ - 0,2 million en Nord-Pas-de-Calais (- 24 %). Les petits élevages disparaissent, ce qui se traduit par une augmentation de la taille moyenne des restants de 21 % en Bretagne (53 000 places) et de 27 % en Rhône-Alpes (52 000 places).

 

Le mode « plein air » se maintient

Le secteur plein air comptait un millier d'exploitations avec 1 300 bâtiments en 2008 qui abritaient 6,2 millions de poules. Entre 2004 et 2008, le secteur plein air subit 15 % d'érosion des exploitations et 11 % des bâtiments. La capacité globale reste stable, ce qui n'étonne guère dans un contexte porteur pour l'oeuf alternatif. Les nouveaux poulaillers alternatifs sont plus grands. La capacité moyenne a ainsi augmenté de 18 % en quatre ans (6570 places).
La région Bretagne pèse presque 30 % des effectifs nationaux, et à lui seul le département des Côtes-d'Armor représente 19 % de la capacité totale. La localisation géographique est fortement liée au développement de structures économiques travaillant en filière longue, dans laquelle l'éleveur n'est pas le metteur en marché final. Par exemple, 9 % des capacités totales sont dans la Sarthe en lien avec les Fermiers de Loué, 11 % sur Ardèche-Drôme-Isère en lien avec plusieurs opérateurs drômois (Valsoleil, Val d'Eurre…), 2,2 % dans le Lot-et-Garonne en lien notamment avec la coopérative Terres du sud.

 

Le mode « sol » en recul

En 2008, l'élevage au « sol » ne représentait que 13 % des exploitations d'oeufs alternatifs (137 fermes) et de leurs bâtiments (182), mais pesait 21 % des capacités (1,7 million de places). Avec 12 000 places en moyenne, les bâtiments sont deux fois plus grands que ceux avec parcours. Contrairement aux autres modes d'élevages, il existe presque autant de bâtiments « sol » de petite taille (20,4 % de moins de 2000 places) que de grande taille (19 % entre 15 000 et 20 000 places). Ce peut être en lien avec leur âge, car ceux construits avant 1975 ont en moyenne 3700 places et représentent 19,8 % du nombre. Entre 2004 et 2008, les indicateurs reculent de 30 à 38 % : moins d'exploitations, moins de bâtiments et moins de capacité. Cependant, les importants investissements réalisés en volière depuis 2009 vont changer la donne.

 

 

 

Source Réussir Aviculture Avril 2011

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