Un forage bien conçu et bien entretenu

Armelle Puybasset

Un forage bien conçu et bien entretenu
La tête de forage doit être bien protégée par une cimentation et un drainage du fond. La buse est couverte. - © GDS 53

Loïc Fulbert du GDS 53, intervenant au forum de leau de Mixscience, a rappelé les points clés dans la mise en ½uvre et lentretien dun forage qui garantissent une eau brute de qualité.

Un forage bien conçu et bien entretenu
Infographie Réussir

Bien évaluer la capacité nécessaire du forage

Linstallation de forage doit être adaptée aux besoins de consommation deau de lélevage, en intégrant les pics dutilisation. Un élevage de 100 000 poules pondeuses consomme en moyenne 20 m3/jour (3,4 m3/jour pour un bâtiment de chair de 1 000 m2). « Lors du pic de consommation à 35 jours, un lot de poulets de chair dans 1 000 m2 boit 400 à 500 litres deau par heure, » indique Nicolas Quilleré, responsable technique volaille de chair dAvril. « Avec la brumisation, on double la consommation deau, soit 500 à 800 l/h supplémentaires !" Des chiffres dont il faut bien tenir compte dans son installation de forage, pour éviter tout risque de sur- ou sous-dimensionnement.en intégrant les pics dutilisation. Un élevage de 100 000 poules pondeuses consomme en moyenne 20 m3/jour (3,4 m3/jour pour un bâtiment de chair de 1 000 m2). « Lors du pic de consommation à 35 jours, un lot de poulets de chair dans 1 000 m2 boit 400 à 500 litres deau par heure, » indique Nicolas Quilleré, responsable technique volaille de chair dAvril. « Avec la brumisation, on double la consommation deau, soit 500 à 800 l/h supplémentaires !" Des chiffres dont il faut bien tenir compte dans son installation de forage, pour éviter tout risque de sur- ou sous-dimensionnement.

Êtes-vous sûr de la qualité de votre captage privé ? Au fil des ans, leau de forage est devenue la source dabreuvement majoritaire des élevages de lOuest. Moins coûteuse que leau du réseau, elle est préférée aux eaux de puits, aux débits souvent insuffisants et plus sujets à une contamination par les polluants de surfaces (virus, bactérie, matières organiques). Leau de forage provient de nappes souterraines de 30 à 150 mètres de profondeur, là où toute vie biologique est quasiment inexistante. Pour autant, cela ne donne pas la garantie davoir une eau de qualité bactériologique irréprochable en sortie de forage. « La qualité des eaux est très variable", a confirmé Loïc Fulbert, du GDS de la Mayenne. Les résultats danalyses réalisées par le GDS 53 indiquent une eau brute de forage non potable au niveau bactériologique dans près dun cas sur cinq. « Cela résulte dune contamination par les eaux superficielles, le plus souvent due à une mauvaise conception du captage. » Les forages sont des ouvrages deaux assez récents (moins de 30 ans) mais une grande partie a été réalisée avant la législation de 2003 imposant une demande dautorisation et des normes de construction. Beaucoup de forages anciens font lobjet de malfaçons, dont la plus critique est labsence de cimentation. « Un bon forage doit respecter deux règles fondamentales : descendre jusquaux eaux profondes et sisoler des eaux non profondes. »

Un forage bien conçu et bien entretenu

Un forage bien conçu est cimenté

Lors du chantier de construction, le tube de forage doit être isolé des couches traversées par un anneau cimenté. « Cest essentiel pour empêcher la pénétration des bactéries présentes dans les couches supérieures du sol. Il consiste à poser un joint détanchéité à 15-20 mètres de profondeur et à combler par du ciment liquide lespace annulaire entre le pré-tubage et le tube de forage. »

Un essai de pompage est réalisé lors du forage pour déterminer son débit naturel qui fixe le débit de la pompe (étape obligatoire pour les débits de moins de 5 m3/h). Ce dernier doit être inférieur au débit critique du forage pour éviter de dénoyer les entrées deau. « Le risque est damener de loxygène qui va progressivement précipiter le fer et provoquer un colmatage des fissurations du sol et à terme une baisse de débit. »

La tête de forage doit être bien protégée. Pour éviter toute contamination par des eaux souillées, le forage doit être suffisamment éloigné des bâtiments (anticiper un éventuel agrandissement) et des parcours. Située sur une parcelle enherbée, la buse dépasse du sol pour ne pas être immergée par ruissellement. Elle est recouverte dun couvercle. La tête de forage est entourée dun fond cimenté.

Un captage surveillé et bien entretenu

Contaminée lors du chantier, leau brute contenue dans louvrage doit être préalablement désinfectée avant utilisation. Le traitement consiste en trois désinfections successives à une semaine dintervalle. Le désinfectant doit être compatible avec les caractéristiques physico-chimiques de leau brute. Il sagit en général de péroxyde dhydrogène et dacide péracétique (éviter le chlore sur une eau ferrugineuse). Une analyse chimique et bactériologique complète est nécessaire pour cibler les traitements permanents à mettre en place. Signature des couches géologiques traversées, les eaux de forage sont généralement riches en fer et en manganèse. Des caractéristiques qui doivent également être prises en compte.

Avec le vieillissement, du fer va se déposer à lintérieur de la pompe et des canalisations de refoulement. Le dépôt sera accéléré avec des teneurs supérieures à 1 ou 2 mg/litre de fer. « Léleveur doit salerter dès lors quil constate des baisses régulières de 30 à 40 % de débit. » La solution consiste à solubiliser les oxydes de fer dans un bain dacide chlorhydrique en circulation (opération réalisée par un professionnel).

Les canalisations deau entre la pompe de forage et le bâtiment vont sencrasser avec le temps et nécessitent également un entretien régulier : nettoyage mécanique par alternance dair comprimé et deau ou à laide dun furet, nettoyage chimique adapté à la nature du dépôt et désinfection en circulation ou stagnation.

Une rentabilité au cas par cas

Loïc Fulbert a évalué lintérêt économique dutiliser une eau de captage privé. En prenant le cas dun élevage de poulets standard de 3100 m2, consommant 3100 m3 deau par an, le coût damortissement et dentretien dun puits bien conçu (sans traitement) est de 0,40 euro/m3 contre 1,30 à 1,80 euro/m3 pour leau du réseau (prix moyen en Mayenne). Il est de 0,70 euro dans le cas dun forage avec système de chloration et de 1,05 euro (voire 1,3 à 1,40 euro) avec un traitement plus complexe.
Le coût dun forage est très variable, selon limplantation géologique et le type de roches à forer (de lordre de 7000 à 11 000 euros pour lensemble forage et pompage).

Source Réussir Aviculture

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