Une étude de l'Itavi sur les contrats de production en aviculture

Laurence Mouquet - Réussir Aviculture Janvier-Février 2013

Une étude de l'Itavi sur les contrats de production en aviculture
Elevage de poulets de type standard. © P. Le Douarin

Mises en place raisonnées, anticipation des volumes et prise en compte de la qualité sont les leviers d’amélioration proposés par l’Itavi suite à son étude sur les contrats de production.

Quatre types de contrats

Une étude de l'Itavi sur les contrats de production en aviculture

Selon le dictionnaire, un contrat est « une convention par laquelle une (ou plusieurs) personnes s’obligent envers une (ou plusieurs autres)
à faire quelque chose ». En France, l’éleveur s’engage à fournir un cheptel vif à une organisation de production qui lui a fourni les moyens
de production (poussins et aliments), selon différentes modalités financières. Cet engagement est réciproque.
Quatre situations existent si on s’intéresse au propriétaire des oiseaux et au statut de l’organisation de production (coopératif avec parts sociales détenues par l’éleveur ou pas). 

 P. Le Douarin

Pourquoi les aviculteurs français se font-ils tailler des croupières sur leur marché national par leurs voisins belges et allemands ? Les facteurs de ce déficit de compétitivité sont multiples : environnement réglementaire défavorable (fiscalité, coût du travail, réglementation environnementale ou sanitaire), organisation, choix stratégiques. « Les contrats de production jouent aussi un rôle direct sur l’organisation de la filière. Nous avons voulu étudier comment ils influençaient la compétitivité », a expliqué Pascale Magdelaine, de l’Itavi, lors de la présentation de l’étude au Comité économique régional de la volaille du Sud-Est (Cervose). « Ces contrats visent à adapter l’offre à la demande, mais ils ont aussi trois autres fonctions : ils offrent une assurance par rapport à des risques du marché, ils incitent à la performance les différents maillons de la filière, ils réduisent les coûts de transaction grâce aux engagements à long terme. »

L’échantillon représente plus des deux tiers de la production nationale

L’Itavi est allé à la rencontre des organisations de production (OP) qui seraient au nombre d’une centaine. « La plupart des opérateurs ont joué le jeu. Nous avons mené trente entretiens approfondis avec des responsables d’organisations de production, celles qui gèrent les plannings d’élevage, et dix entretiens avec des partenaires amont et aval. » Globalement, l’échantillon représente 9,7 millions de mètres carrés, soit plus des deux tiers de la capacité de production nationale. Les contrats ont été classés en huit grandes catégories, en se basant d’abord sur la propriété des animaux et la nature de l’OP (voir encadré), puis sur le mode d’actualisation des prix : indexation automatique sur des références (prix de marché, performances collectives moyennes…) ou négociation au coup par coup.
Pour différents critères, chaque type de contrat a été classé faible, moyen ou fort (voir tableau) : « Ce n’est pas une véritable évaluation de leur valeur, mais seulement un niveau apprécié par comparaison aux autres contrats. Nous voulions comprendre la mécanique des différents contrats, pas établir un palmarès », précise Franz Guerder, de l’Itavi Sud-Est.
Première constatation : l’assurance de l’éleveur est généralement forte, sauf dans le cas où le prix de reprise est indexé sur le prix de marché (7 % des cas étudiés). Qu’il s’agisse du risque lié au prix de marché, du risque de prix des intrants, voire des risques de production (coup de chaleur, accident sanitaire…), tous sont souvent assumés par l’organisation de production.

Valoriser les efforts mis en œuvre en amont et en élevage

L’incitation des éleveurs à la performance est plus variable. « Elle peut être très forte pour certains contrats avec indexation sur les performances collectives, mais ce type de contrat est parfois mal compris des éleveurs », note Franz Guerder.
L’incitation de l’OP à la qualité des intrants, en revanche, est inégale. « Quand l’organisation de production est aussi le fournisseur d’aliments, le volume prend parfois le pas sur la qualité. » L’aliment joue portant un rôle clé dans la stratégie d’optimisation du potentiel génétique, des performances techniques en élevage et des rendements à l’abattoir.
Au bout du compte, il n’est pas facile de comparer les contrats. « L’exercice a forcément un côté arbitraire », souligne Franz Guerder. Selon les OP, les stratégies techniques diffèrent (notamment la productivité), les performances réellement obtenues varient en fonction de la qualité des intrants, et des effets correcteurs (bonus-malus) sont plus ou moins appliqués. « Au final, les organisations de production jouent un rôle capital dans la construction de la performance globale filière », souligne Pascale Magdelaine. L’économiste souligne qu’il reste du travail à mener sur le plan de la coordination verticale, y compris technique. Dans l’établissement des prix aux différents stades des filières, des indicateurs de « qualité » pourraient être mieux pris en compte. Par exemple, « les organisations de production (hors filière intégrée) vendent la volaille en vif à un prix unique ne permettant pas de valoriser les efforts mis en œuvre en amont ou en élevage ».

Captu

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Commentaires 1

mica

avec les performances de la dinde on arrive a des chargement de 59 kgs au mètre carré mis en place par l'integrateur et les assurances se dégagent du contrat a partir de 40 kgs/m².l'eleveur est pris en tenaille.

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