Valorisation énergétique : Chauffer son poulailler à partir de fumier : le projet de chaudière Stercus relancé

Armelle Puybasset

La société Intertec Environnement, filiale du groupe LGC dans le Calvados, s'intéresse depuis longtemps au concept de chauffage de poulaillers à partir de la combustion de fumier de volailles.
Le premier projet de chaudière Stercus, expérimenté dans une exploitation du Finistère en 2005, avait démontré sa faisabilité technique mais n'avait pu aboutir, faute d'être en totale conformité avec les contraintes environnementales. La réglementation (directive 2076/CE) qui s'applique en termes de rejets gazeux à une chaudière de 200 kW est la même que celle d'une usine d'incinération d'ordures ménagères de 50 000 kW. « Nous étions en conformité avec tous les paramètres (poussières…) sauf les rejets de dioxine qui atteignaient 0,2 nanogramme/m3 d'air au lieu de 0,1 ng/m3 », rappelle Martin Schlosmacher, d'Intertec.

La centrale d'énergie Stercus fonctionnera à partir de tout type de litière, contrairement au projet initial qui imposait un mélange de fumier, de copeau et de bois. (A. Puybasset)

La centrale d'énergie Stercus fonctionnera à partir de tout type de litière, contrairement au projet initial qui imposait un mélange de fumier, de copeau et de bois. (A. Puybasset)

Validation des choix technologiques

Convaincu de l'intérêt économique et technique de la combustion de fumier à l'échelle de l'exploitation, Intertec a relancé le projet en s'entourant de compétences extérieures avec le bureau d'études Atanor dans le Rhône, spécialisé dans l'incinération, et avec le soutien de l'Ademe(1).
L'étape de faisabilité technico-économique, qui vient de s'achever, a permis de valider les choix technologiques répondant à la fois aux contraintes environnementales et aux attentes des producteurs. Pour des raisons de confidentialité, l'entreprise reste très discrète sur son projet. « La technologie employée apporte la garantie que les rejets en dioxine seront conformes à la réglementation. La nouvelle centrale d'énergie n'a rien à voir avec le précédent prototype. Le foyer est différent. »
Autre changement d'importance : la chaudière sera polycombustible alors qu'auparavant elle ne pouvait fonctionner qu'avec un mélange de fumier de copeau et de bois. Désormais, la nouvelle chaudière pourra être alimentée avec du fumier seul, quelle que soit la litière utilisée (copeau, paille ou autre), sans séchage ou rajout de biomasse.

Cinq ans de retour sur investissement

« Depuis le début de projet, le coût des supports de litière, notamment celui du copeau, a fortement augmenté. Il n'est donc pas possible d'imposer une matière première pour faciliter la combustion. L'éleveur doit garder la possibilité de changer de litière en fonction du contexte économique. » Les capacités de la chaudière seront de 200 kW et 300 kW (voire un peu plus). Elle fournira 100 % des besoins en chauffage et sera associée à un système de chauffage au sol ou à un générateur d'air chaud. Avec l'augmentation du prix du gaz, la chaudière à fumier répond aussi bien à une problématique environnementale (résorption des excédents) qu'énergétique. « L'intérêt de l'éleveur pour la chaudière dépendra de sa rentabilité. Nous nous fixons pour objectif d'atteindre un retour sur investissement qui ne dépasse pas cinq années. » Deux prototypes de centrale vont être prochainement mis en place dans l'Ouest et le Sud-Ouest pour une phase d'essais. La centrale Stercus sera commercialisée début 2009.

(1) Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie. Intertec - Tél. 02 23 31 13 00 ou 06 70 76 63 89.

Source Réussir Aviculture Mars 2008

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