2015 : année globalement favorable aux fruits et légumes d’été

Conseil National CERFRANCE POSTEC

2015 : année globalement favorable aux fruits et légumes d’été

Les marchés des fruits et légumes d’été ont été perturbés par les conditions climatiques exceptionnelles du mois de juillet, ayant entraîné un déséquilibre entre l’offre et la demande. Les cours de nombreux produits ont ainsi été impactés, favorablement pour certains comme les pêches-nectarines ou au contraire défavorablement pour d’autres comme la tomate. La variabilité de prix est forte d’une production et d’une période à l’autre.

FRUITS

Les pêches-nectarines et pommes retrouvent des couleurs sur l’année 2015, en raison d’un équilibre offre-demande globalement favorable. La poire connaît de son côté, un début de commercialisation plus mitigée. Ces bonnes tendances suffiront-elles à faire oublier la campagne précédente particulièrement morose ? 

Pommes

Sur la campagne 2014-2015, selon Agreste, l’indice de chiffre d’affaires national avait reculé de 24 % sur un an, à la suite d’une baisse de la production et de cours restés bas tout au long de la campagne. 

À l’inverse en ce début d’automne, les indicateurs de marché font entrevoir une nouvelle campagne  bien plus positive. La production de pommes est annoncée en hausse de 4 à 6 % par rapport à la campagne 2014/2015, mais les prévisions restent toutefois inférieures par rapport à la moyenne quinquennale, de l’ordre de 3 %. Même si la canicule estivale risquait d’avoir un impact négatif sur le rendement en limitant le développement des fruits, il semblerait que les pluies de fin août/début septembre aient permis un retour à des calibres tout à fait satisfaisants. Néanmoins, certaines régions ont pu être durement touchées par les intempéries. Dans le Tarn-et-Garonne, l’orage tempétueux du 31 août a causé d’importantes destructions dans les vergers. 

indice des prix

Cette hausse de production française devrait trouver sa place sur les marchés dans un contexte de production européenne en retrait comparée à la récolte importante de 2014 (-5 %). Les pays du Nord de l’Europe voient leur production baisser sur un an : Allemagne (-21 %), Belgique (-19 %), Pays-Bas (-7 %) et Grande-Bretagne (-6 %). Par contre, les productions polonaises et italiennes seraient stables cette année.

Les pommes devraient profiter de deux éléments importants : d’une part une demande assez forte sur le marché grand export, hors union européenne ; d’autre part une moindre production européenne. Pour le début de campagne, sur août et septembre, les cours sont de 10 à 20 % supérieurs à la même période de 2014 selon les variétés, et légèrement supérieurs à la moyenne quinquennale. 

Poires 

Sur la campagne précédente 2014-2015, les prix sont restés bas. La mise en place de l’embargo russe en août 2014 en pleine période de commercialisation des poires d’été a été très préjudiciable. Les poires automne-hiver s’étaient écoulées plus facilement en raison d’une bonne qualité gustative et d’un niveau de consommation soutenue. Néanmoins, les cours étaient en baisse par rapport aux années précédentes, le prix se situait 17 % au-dessous de la moyenne des cinq dernières années. Pour la campagne 2015/16, la production de poires serait en hausse de 4 % par rapport à la campagne précédente. Ce sont les variétés d’été, comme la Williams, qui connaissent une forte hausse, à l’inverse les variétés d’automne sont en baisse, notamment Comice. La récolte européenne s’annonce en baisse de 3 % comparée à la récolte 2014. 

poires

La campagne 2015-2016 démarre en juillet par la poire d’été. Le marché était peu actif tant au niveau national qu’à l’international. Au mois d’août, les cours sont inférieurs de 11 % à la moyenne des 5 dernières années. À la mi-août, la poire d’été était même placée en « crise conjoncturelle » sur l’indicateur du réseau des nouvelles des marchés. À la fin du mois d’août, les ventes s’améliorent et permettent de résorber une partie des stocks. Les cours se redressent nettement. Les transactions se poursuivent en septembre et sont facilitées par un climat frais, propice à la consommation de poires. Les cours sont favorablement orientés pour la poire d’automne (+12 % comparés à la moyenne 2010-2014), mais ils sont légèrement inférieurs à la moyenne 2010-2014 pour la poire d’été (-3 %). 

Ce redressement des cours devrait profiter aux poires d’automne-hiver dans un contexte d’offre limité. 

Pêches nectarines 

En 2014, l’inadéquation de l’offre/demande, en raison d’une météo de juin et juillet peu propice à la consommation, avait entraîné une forte chute des cours sur un an. 

indice prix

À l’inverse, la mise en place en début de campagne 2015 a été assez fluide, en raison d’une offre limitée comparée à 2014 et une demande globalement élevée sur le cœur de la saison. Les pêches-nectarines ont profité d’une récolte en léger retrait, quand, dans le même temps, la consommation était en hausse suite aux chaleurs estivales. Profitant de cette situation, les cours sont restés au-dessus de la moyenne quinquennale. 

Le mois de juillet a été particulièrement favorable. Les stocks sont inexistants jusqu’à la mi-juillet. Les prix se maintiennent globalement sur le mois de juillet à des niveaux élevés (+28 % par rapport à 2014). En août, les apports sont plus limités suite aux températures caniculaires qui ont réduit les calibres. En première partie de mois, le marché est relativement fluide. Avec la fin de la canicule et la proximité de la rentrée, un déséquilibre apparaît en fin de mois entre l’offre et la demande. Des stocks se forment et de petites concessions de prix sont octroyées. 

Pour la campagne 2015, les cours sont en moyenne supérieurs de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale et de 20 % par rapport à la mauvaise année 2014. 

Malgré cette embellie sur les cours pour 2015, dans un contexte de consommation stable sur 5 ans, la production française poursuit sa décroissance. Sur les cinq dernières années, la production a diminué de 20 % compte tenu d’une baisse des surfaces sur cette même période (voir tableau ci-contre). Pour 2015, la production poursuit la baisse avec 2 % de surfaces en moins.

pêche nectaire

Cette baisse des volumes s’est accompagnée d’une hausse des importations au profit des deux principaux pays producteurs en Europe : L’Espagne et L’Italie qui assurent à eux deux près de 80 % de la production européenne.

Fraise 

La production française de fraise continue sa progression, avec 59 350 tonnes estimées en 2015, c’est 1 % de plus que 2014. Sur les cinq dernières années, la hausse est particulièrement notable, 10 % de volumes supplémentaires. 

Pour 2015, les superficies ont progressé de 2 %, avec des outils de plus en plus spécialisés, le développement se fait principalement sous abris hauts. Le rendement moyen 2015 est légèrement inférieur. La production a été correcte jusque début juillet. Cependant la fin de campagne, qui concerne principalement les variétés remontantes, a été en partie contrariée par des conditions climatiques trop chaudes et sèches qui ont affecté le développement végétatif. 

Sur les marchés, la demande est restée dynamique et la concurrence avec les premiers fruits d’été n’a pas ralenti la consommation. Les prix, après une baisse saisonnière entre mars et avril, se stabilisent à partir de mai au niveau de la moyenne 2010-2014, en progression par rapport à ceux de 2014.

La production de fraise française, qui s’est recentrée sur des créneaux haut de gamme avec notamment Gariguette ou Ciflorette, est en phase avec son marché.

 

les indicateurs
LEGUMES 

Tomate

jardinier

La production est estimée à 585 000 tonnes. Malgré l’évolution des superficies (1 % de baisse, soit une superficie de 2 330 ha), la production se maintient au niveau de celle de 2014. La stabilité des superficies sous serres permet de réduire l’impact de la baisse de la surface. Les rendements sont en légère progression pour la production sous abris alors que ceux des implantations en plein air accusent une réduction de 2 % par rapport à la campagne précédente. La production sous serres chauffées est majoritaire avec 1 400 ha (60 % des surfaces) alors que les serres froides couvrent des superficies inférieures à 600 ha. Les cultures de plein air (300 ha) sont principalement localisées dans le Sud, de l’Aquitaine à la région PACA. Ce mode de culture, minoritaire avec moins de 16 % des superficies pour la production en frais, est à nouveau en baisse cette année. 

calendrier natioanal

L’évolution des modes de production permet un écrêtement des pics de production. Ainsi en comparant les campagnes 2014 et 2015, le volume de production mensuel est supérieur sur les mois de mars/avril ainsi que sur les mois d’août à octobre. À l’inverse, les volumes des mois de mai à juillet sont inférieurs. Toutefois, cette tendance reste à confirmer sur les années à venir. En effet la canicule de juillet a également pu pénaliser la production. 

Le début de saison, premier trimestre 2015, est caractérisé par une demande timide. En parallèle sur cette période, le déficit des échanges extérieurs, pour ce légume qui est à la fois le plus importé mais également le plus exporté, s’est creusé, entraînant une tension sur les prix. Le retour d’une demande plus active dès le début du printemps a permis un rééquilibrage des marchés. Les cours sont ainsi parvenus à se redresser rapidement et se sont maintenus au niveau de la campagne précédente. De mi-juillet à mi-août, l’offre active a été fortement concurrencée par la forte production des jardins familiaux, d’où une tension sur les prix. La tomate a été déclarée en crise conjoncturelle du 5 au 7 août par France Agrimer. La fin de campagne se caractérise par une bonne reprise des cours et une offre moins active, les plantes ayant souffert des chaleurs de l’été. 

2015 restera donc globalement une année proche de la moyenne des cinq ans avec deux périodes tendues : le début de saison et le mois de juillet.

Laitue

Les cours des salades sont en hausse, boostés par une production en recul par rapport à la campagne précédente (estimation de -3 % en production d’hiver à venir) et en deçà de la moyenne quinquennale (-8 %).

Les récoltes dans les régions du Nord et en Bretagne, régions qui alimentent les marchés majoritairement au cours de l’été, se terminent alors que les plantations dans les régions du Sud, prédominantes en hiver, sont en cours. Les dernières récoltes dans la région Nord-Pas-de-Calais se sont déroulées dans des conditions délicates en raison d’un excès de précipitations. 

répartition production

Dans le même temps, le grammage est en repli dans le Sud-ouest face à une demande soutenue et une pousse modérée. Dans les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, les dernières superficies de cultures en plein air sont en cours de récoltes et les prochaines plantations seront réalisées majoritairement sous abris. 

Les marchés sont demeurés dynamiques depuis le début de cette campagne avec des cours toujours supérieurs à ceux de la campagne précédente, en hausse depuis juin par rapport à la moyenne 2010-2014.

Source : CERFRANCE  : Fabien Barrabé - veille économique agricole - lettre n° 43 - 2015

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