Le génome de la banane mis à nu après dix ans de suspense

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Le génome de la banane mis à nu après dix ans de suspense

Après dix ans de suspense, des scientifiques français ont annoncé mercredi avoir décrypté le code génétique de la banane, fruit de 7.000 ans de sélection, aliment de base et ressource économique essentielle pour plus de 400 millions de personnes dans le monde.

Des chercheurs du Cirad* et du CEA-Genoscope ont achevé le séquençage de l'espèce Musa acuminata, une variété de banane asiatique sauvage "qui entre dans la composition de toutes les variétés comestibles", dessert ou à cuire, indiquent-ils dans un communiqué. Ils ont découvert quelque 36.500 gènes dans cette banane --environ 14.000 de plus que chez l'être humain-- et mis au jour par la même occasion le chemin suivi par cette plante herbacée depuis sa domestication par l'homme, voici 7.000 ans en Asie du sud-est.

Aujourd'hui, la grande majorité des bananes des étals de nos supermarchés proviennent de souches ayant trois jeux de chromosomes et non pas deux. Autrement dit de plantes stériles que les agriculteurs sont contraints de repiquer régulièrement à partir des rejets latéraux produits à la base des vieux plants de bananiers.

Ces variétés domestiquées, particulièrement celles destinées à l'exportation, sont soumises à de très fortes pressions des parasites en tous genres, souligne le Cirad. Or la domestication du bananier s'est soldée par un appauvrissement génétique qui le rend particulièrement vulnérable aux maladies émergentes. La moitié des bananes cultivées dans le monde proviennent d'une même souche, la Cavendish.

"Les parasites et les maladies se sont progressivement adaptées et représentent un danger imminent", souligne l'étude dirigée par Angélique D'Hont et publiée par la revue britannique Nature. "Les grandes plantations nécessitent jusqu'à 50 traitements pesticides par an pour lutter contre la +maladie des raies noires+, une pandémie causée récemment par le champignon Mycosphaerella fijiensis", indiquent les chercheurs.

Sans compter les cas d'une nouvelle espèce dévastatrice de fusariose du bananier, aussi appelée "maladie du Panama", qui se répandent en Asie.

C'est cette maladie du Panama qui avait éradiqué la principale variété commerciale de bananier, Gros Michel, dans les années 1950. Elle avait été remplacée par la Cavendish, provenant de Chine du Sud, qui à l'époque était résistante au champignon parasite.

"La création de nouvelles variétés plus résistantes est une nécessité même si elle est compliquée par la très faible fertilité des bananiers cultivés", conclut le Cirad.  La connaissance de l'intégralité du génome de Musa acuminata facilitera donc "considérablement l'identification des gènes responsables de caractères tels que la résistance aux maladies et la qualité des fruits", assure l'organisme.

* Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

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Commentaires 1

fred39

Et alors ils vont faire quoi avec les gènes ? un OGM qui résiste à petit méchant champignon ?
Depuis le temps que l'on dit qu'il garder un maximum de diversité !!! mais non et on va faire la même chose avec le maïs, le tournesol que les abeilles ne vont même plus féconder car il n'y a plus de nectar, le blé ????
et après on va faire quoi quand il n'y aura plus de deversité et qu'un virus ou champignon viendra grignoter les récoltes ??? ça va nous coûter combien de recréer des variétés qui existaient et qui ont été éradiquées par les compagnies du fric à tout prix ???

C'est bien je vois une fois de plus que l'on a tout compris, dieu, l'homme ne font qu'un et nous avons la savoir, la connaissance, un jour peut être on s’apercevra que l'on ne sait rien !!!!

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