Les producteurs d'Agen ne veulent pas compter pour des prunes !

Les producteurs d'Agen ne veulent pas compter pour des prunes  !
la france produit chaque année 40.000 tonnes de pruneaux. (DR)

La montée en puissance rapide des pruneaux chiliens, menace de plus en plus les producteurs français de pruneaux d'Agen, qui ont décidé de réagir.

Une récolte française d'une qualité "exceptionnelle"

Les producteurs d'Agen ne veulent pas compter pour des prunes  !

La récolte de pruneaux d'Agen s'annonce d'une qualité "exceptionnelle" quoique dans la moyenne avec 40.000 tonnes estimées, en raison de la petite taille des fruits, indiquent les professionnels. "La qualité des prunes et donc des pruneaux d'Agen est tout bonnement exceptionnelle", affirme Jacques Pomies, président du bureau national interprofessionnel du pruneau dans un communiqué.

La teneur en sucre, mesurée en "degrés Brix", qui permettent d'établir la qualité, "se situe cette année au-delà des 30 en fin de récolte contre 26/27 pour une année classique", explique M. Pomies. La production française, la troisième au monde, représente 16% de la production mondiale de pruneaux et génère un chiffre d'affaires de 94 millions d'euros par an.

Producteur de pruneaux depuis plus de 100 ans, le Chili a  multiplié par huit sa production en moins de 5 ans. Il vient de dépasser la France, avec 80.000 tonnes de pruneaux produits contre 40.000 t pour la France et talonne désormais les États-Unis, premier producteur mondial. Mais après avoir conquis l'Amérique latine, le Chili s’attaque au marché européen, au grand damne de la filière française.

Si, selon ses concurrents français, le pruneau du Chili est de moins bonne qualité que celui d'Agen, "il est 50% moins cher que le nôtre", explique Jacques Pomiès, président du Bureau national interprofessionnel du pruneau. Le  pruneau du Chili est payé aux producteurs locaux environ 0,70 centimes d'euros, contre 1,20 à 1,40 cts d'euros pour les Français. "Il y a quelques années, nous exportions 23.000 tonnes, 10.000 de plus qu'en 2011. Nous avons perdu des parts de marché en Allemagne et dans les pays de l'Est" explique-t-il.

Les producteurs français écoulent leur production essentiellement en France, où les distributeurs privilégient encore largement la production française. Ils sont aussi aidés par une "Identification géographique protégée", remontant à 2002, qui valorise les producteurs du Lot-et-Garonne.

Renouveler les vergers

Mais face au danger, producteurs et distributeurs français de pruneaux ont décidé d'améliorer leur productivité et d'être plus solidaires. "Si nous ne réagissons pas, nous perdrons également le marché français", souligne  Jacques Pomiès  en expliquant que désormais les centrales d'achat négocient à l'échelle européenne.

Côté technique, ils insistent sur la nécessité de renouveler les vergers, qui ont vieilli et ne produisent plus que 4 t/ha contre 8 au Chili. Au niveau européen, ils militent pour que la PAC 2013 permette des aides davantage liées au marché, à la productivité et à la qualité et non plus seulement calculée sur le nombre d'hectares. Autre axe d’action : le merchandising, avec un travail sur la diversification des modes de consommation du pruneau, des plats cuisinés, en passant par la pâte de fruit et la restauration collective.

Du côté du Bureau interprofessionnel du pruneau, on se restructure. Pour faciliter les décisions, le bureau comptera désormais 16 représentants, au lieu de 50. Les décisions s'y prendront à la majorité avec pour but ultime de ne parler que d'une seule voix lors des négociations sur la PAC.

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