Maraîchage : Le fioul trop cher prend les serristes « à la gorge »

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Malgré nos efforts, on va dans le mur », s'alarme Jean-Jacques Morvan, producteur de tomates et de fraises sous serre dans le Finistère, dont les dépenses de fioul représentent désormais 40% de son chiffre d'affaire contre 25% lors de son installation en 2003.

« Nous sommes pris à la gorge. Malgré les réductions de consommation d'énergie, notre exploitation est sur la sellette », insiste le serriste de Plouguerneau qui travaille sur 1,6 ha de serre pour un chiffre d'affaires annuel de 700.000 euros. En 2007, il a réussi à équilibrer son bilan grâce à des gains de productivité et à des mesures techniques d'économies: mise en place d'écrans thermiques permettant de chauffer des volumes moindres, adoption de variétés moins gourmandes en chaleur et plantations plus tardives.

« Nous avons gagné 100 kW par m2 sur un total de 480 kW mais cette économie est rognée par les augmentations continuelles du fioul alors que les prix de vente des produits n'évoluent pas », témoigne M. Morvan. Pour garantir la « survie » de son entreprise, le serriste envisage d'adopter, comme source d'énergie, le bois de recyclage, moins onéreux. Mais il nécessite des investissements très, très important, d'environ 750.000 euros pour 3 ha, indique Michel le Hir, 38 ans, producteur de tomates depuis 8 ans.

30% des serristes utilisent le fioul lourd

« Bois, charbon, pompes à chaleur ou co-génération, il n'y a rien à moins de 750.000 euros », constate ce serriste de Plabennec qui emploie 13 salariés permanents et autant de saisonniers, sur 3 ha pour un chiffre d'affaire de 1,4 million d'euros. 30% des serristes du Finistère utilisent le fioul lourd (à 0,048 euro le Kw) et les autres le gaz naturel(0,028 euro le Kw), moins cher mais dont le réseau limité n'arrive pas jusqu'à Plouguerneau.

« La grappe de tomates stagne à 0,85 euro le kilo depuis 2003 alors que le poste énergie a été multiplié par 4 en 6 ans », résument les cultivateurs. Ils appellent la grande distribution, accusée de « mettre une pression folle » sur les prix, à faire un effort. « Quand on vend à 1 on retrouve le produit sur les étals à 2,50 », dénoncent les serristes. Ils préconisent une augmentation de 5/6 centimes d'euros au kilo du prix d'achat pour absorber l'augmentation des charges.

Ils souhaitent en outre un accompagnement des pouvoirs publics vers des énergies renouvelables, avec « au moins un cautionnement de la profession auprès des banques ». « Combien faut-il de Kw pour présenter sur le marché français un kilo de tomates produites au Maroc, sans parler du raisin du Chili ? », interroge M. Morvan.

Source AFP

Publié par SC

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