Chambre d'agriculture de la Mayenne : Paysage et biodiversité

Gérard CLOUET

L'entretien et la valorisation du paysage favorisent un maintien de la biodiversité des espèces. La biodiversité est à la fois menacée, préservée ou créée par l'homme. Sur quels leviers devons nous agir pour améliorer la biodiversité ?

Si le paysage est l'échelle à laquelle la biodiversité est la plus facilement perceptible par les non-spécialistes, c'est aussi une échelle pertinente pour la protéger.
La biodiversité est le matériau de base de l'agriculture sans lequel il serait difficile d'obtenir des productions de bonnes qualités et variées. En agriculture, on ne comprend pas toujours les moyens mis en oeuvre pour la protection d'espèces comme le Pique prune, mais la biodiversité prend tout son sens quand il est constaté la faible activité microbienne des sols ou les phénomènes de résistance aux pesticides…
La biodiversité serait-elle utile à l'agriculture, et pourquoi nous intéresser à la biodiversité au niveau de l'exploitation :
• pour assurer la durabilité de l'outil de production, la fertilité du sol, la pollinisation et la préservation des auxiliaires des cultures (ex : coccinelles, carabes, abeilles…)
• pour préserver l'environnement par des pratiques favorables à la lutte contre l'érosion des sols et au maintien de la qualité de l'eau.
• pour améliorer le paysage et le cadre de vie, par l'aménagement des abords de ferme, les tours de champs et l'entretien, la valorisation et les plantations de haies.

Pour interférer positivement sur la biodiversité, il parait nécessaire de réaliser un état des lieux des pratiques et des aménagements ayant un impact sur la biodiversité. Cet état des lieux peut se faire par :
L'organisation spatiale des habitats présents :
• diversité des cultures dans l'assolement.
• taille des parcelles.
• couverture des sols.
• présence d'élevages et de prairies permanentes.
• quantité d'éléments fixes du paysage.
• répartition et localisation de ces éléments.

La qualité et le mode de gestion des habitats :
• préservation de la vie du sol et travail du sol.
• raisonnement des traitements phytosanitaires.
• gestion des prairies.
• pratiques de récolte protégeant la faune.
• gestion extensive des bords de champs.
• qualité et mode d'entretien des jachères, haies, bois, bosquets, mares…

La diversité et l'abondance de la faune et de la flore sauvages présentes sur l'exploitation dépendent de la variété et de la qualité des habitats présents et de la façon dont est gérée le territoire. Afin d'améliorer de façon notoire cette biodiversité, des actions peuvent être mises en place visant à parfaire :
• la diversité des cultures et l'agencement du parcellaire,
• le maintien ou l'implantation d'éléments fixes du paysage.
• l'adaptation des pratiques agricoles par le raisonnement des traitements phytosanitaires, le travail du sol, les dates et les modes de récolte…

Dans les milieux riches en éléments paysagers, un équilibre naturel s'établit souvent et l'on peut compter sur le rôle des auxiliaires pour limiter les problèmes des ravageurs.
Par contre, les milieux très artificialisés (ex : zones fortement remembrées) sont souvent le théâtre de pullulation massive de ravageurs qui ne peuvent être anéantis qu'avec des doses massives et croissantes de produit. D'une manière générale, il s'agit, dans les mesures visant à lutter contre les ravageurs, de rendre l'environnement moins favorable à ces derniers et inversement plus favorable aux auxiliaires. Pour favoriser la présence des auxiliaires, il faut pouvoir subvenir à leurs besoins alimentaires en cas de baisse des populations de ravageurs.
Les haies isolées auront aussi un faible impact en matière de biodiversité, ce sont les connections aux autres éléments paysagers, haies, bois, forêts et aussi rivières et mares qui favorisent l'effet « corridor » et augmentent la biodiversité.

Diagnostiquer et mettre en place des indicateurs de progrès…
Pour progresser dans cette démarche de recherche d'une meilleure biodiversité, il faut faire un état des lieux des sites et des pratiques agricoles, les analyser et proposer des actions concrètes à mettre en oeuvre. Le travail sera long et les résultats ne verront le jour que dans la durée. La biodiversité aujourd'hui on en parle beaucoup mais il est temps de se mettre en route avant qu'il ne soit trop tard …

Gérard CLOUET - Chambre d'agriculture 53

Source Chambre d'agriculture de la Mayenne

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