Développement durable : conomie, social et environnement : trois piliers à concilier

Propos recueillis par Marie-Françoise MENGUY

Développement durable : conomie, social et environnement : trois piliers à concilier

quoi sert le développement durable en entreprise ? Les réponses de Thierry Chastan, consultant développement durable ; il accompagne ceux qui choisissent de concilier économie, social et environnement dans leur entreprise.

Que mettez-vous concrètement derrière ce terme de “développement durable” ?

Le développement durable consiste à préserver l'avenir des générations futures en conciliant performance économique, respect de l'environnement et équité sociale.
En entreprise, le développement durable est à la fois un concept de management du progrès et un puissant outil de résolution de problèmes ; il concilie -ou réconcilie- les valeurs du dirigeant avec sa stratégie ; il replace l'Homme au coeur de l'entreprise. Et en toute liberté car, contrairement à d'autres méthodes de gestion du progrès ou d'autres référentiels de gestion de la qualité, il n'impose rien d'autre que ce que vous voulez vous imposer à vous-même !

C'est un concept utilisable par tous. Pourquoi ?

Il fait la synthèse entre économie, environnement et social, ce qui en fait effectivement un concept utilisable par tous. Par un entrepreneur écologiste qui a compris que l'environnement au prix d'un coût économique insupportable et entraînant une casse sociale n'est pas durable… Par un entrepreneur économiste qui a compris que le modèle de développement économique qui oublie le social et l'environnement n'est pas durable… Par un entrepreneur citoyen qui a compris que l'amélioration du social et de l'environnement doit composer avec le réalisme économique…

Ce concept met donc en avant la performance économique…

C'est justement l'intérêt du concept : contrairement à des écoles de pensée, également respectables, qui prônent la décroissance, le développement durable intègre le développement. Mais un développement optimisant les trois piliers : économique, social, environnemental. Or, le développement me semble indispensable pour une entreprise qui veut “durer”. D'abord pour des raisons économiques : les charges augmentant mécaniquement, le chiffre d'affaires doit suivre ; ensuite, parce que c'est bien plus motivant de travailler dans une entreprise qui se développe, que l'on soit dirigeant, conjoint, associé, salarié. Imaginez une entreprise dont le projet est de stagner…

Cette démarche, complètement volontaire pour une entreprise, vient se rajouter aux réglementations, normes, certification qualité. Cela ne fait-il pas double emploi ?

C'est une méthode qui permet d'accompagner le progrès, sur les trois piliers, à la vitesse et dans le sens que le chef d'entreprise veut lui donner. Le développement durable est donc compatible avec toutes les démarches éventuellement déjà intégrées par le chef d'entreprise : agriculture biologique, intégrée ou raisonnée, Qualibat, certification, label, charte distributeur, Iso 14001... Un référentiel, non certifiable, est en cours d'élaboration (AFAQ - Iso 26000) ; mais à ce jour, il n'est pas disponible.

Ce n'est donc pas un carcan de plus ?

Non, justement, je dirais même : si vous en avez assez de subir la réglementation, pratiquez le développement durable. Vous commencerez par définir votre vision de votre entreprise à 5, 10, 15 ans, une vision basée sur ce que VOUS voulez. C'est d'abord un projet stratégique, même à l'échelle d'une très petite entreprise. Combien de dirigeants peuvent formuler, en une phrase, leur politique générale ? Certes, il y a d'autres méthodes pour la formuler. Mais le concept me paraît intéressant car, tout comme les normes Iso, il donne une méthode mais n'impose rien, à part de vouloir progresser.

Le développement durable est-il vraiment rentable ?

Comme toute démarche de progrès, le développement durable doit réduire les coûts : par exemple, tout ce qui a un impact sur l'environnement vient d'un intrant que l'on a payé ; sur le volet social, favoriser la motivation, réduire le turn-over du personnel ou résoudre la difficulté à recruter améliorent la rentabilité. Ensuite, une entreprise éthique peut améliorer ou restaurer son image auprès de ses clients et ainsi augmenter sa notoriété, voire ses ventes. Bien sûr, il y a des charges inhérentes (audit,...) et des investissements à prévoir, mais ce sont des investissements choisis. Car, une fois encore, le développement durable n'impose rien, contrairement à d'autres référentiels.

On peut donc associer compétitivité et volonté sociale ?

Bien sûr ! C'est le cas de nos clients qui considèrent que les salariés sont la première richesse de leur entreprise et non une charge. N'oublions pas que le salaire est un élément de la motivation, mais pas le seul : reconnaissance, perspectives, autonomie, responsabilité, valeurs, management participatif, acquisition de connaissances... Tout cela peut s'intégrer dans un projet de développement durable et générer de la motivation sans coûts supplémentaires.

Comment s'y prendre concrètement ?

Mettre en oeuvre une telle démarche peut se faire seul. Je préconise pourtant de se faire accompagner par un consultant qui, par son regard extérieur et par ses méthodes, vous permettra de garantir le succès de votre projet.
Avec lui, vous définirez votre politique (vos valeurs, vos objectifs fondamentaux), vous choisirez votre référentiel d'orientation (pourquoi le développement durable et pas un autre référentiel ?) ; un audit adapté à la taille et à l'activité de votre entreprise, suivi d'une collecte d'indicateurs internes (économiques, sociaux, environnementaux), vous permettront de fixer vos objectifs. En tout, cela peut représenter deux à trois jours de conseil, c'est donc accessible ; il faut juste le vouloir.

Quels conseils donnez-vous à ceux qui veulent s'engager dans le développement durable ?

Premier conseil, démarrez par le travail amont : définir vos valeurs, la stratégie, s'approprier les composantes du développement durable. Ensuite, y associer les principales parties prenantes, conjoint, enfants, associés, salariés, pour vérifier qu'ils partagent les mêmes valeurs et objectifs ; n'oubliez pas l'objectif d'équilibre entre les trois piliers (par ex. un projet 100 % environnemental pourrait s'avérer insupportable sur le plan économique). Enfin, donnez-vous un cadre de suivi des projets (rendez-vous avec votre conseiller, réunion mensuelle avec les associés…) pour vous pousser à mettre en oeuvre ce que vous avez décidé ; le quotidien l'emporte souvent sur les belles intentions !

Source Conseil National CER France

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